Critique : Pacific Rim, de Guillermo del Toro

Méchants monstres contre Robots géants. Voilà, en peu de mots, comment on pourrait résumer l’idée de base de Pacific Rim. D’ailleurs il est facile d’imaginer Guillermo Del Toro en train de vendre son pitch devant les pontes en costard cravate de chez Warner. Avec son look de Hobbit et son affection particulière pour les créatures de toutes sortes (celles du Labyrinthe de Pan, de Mimic, d’Hellboy…), le cinéaste mexicain avait certainement des faux airs d’Hagrid dans Harry Potter.

Le réalisateur avait prévenu. Il voulait rendre un hommage à toute cette culture nipponne faite de films de monstres (Godzilla et cie) et d’animés tendance Mecha (Evangelion, Pat Labor…). Pacific Rim assume donc complètement son côté cinéma de fanboy. Au menu des combats dantesques, des destructions massives et des effets spéciaux époustouflants. Le long métrage n’échappe pas à la fascination hollywoodienne du moment pour le spectaculaire à outrance (une tendance née suite au succès d’Avengers l’an dernier). Dans son imagerie, dans son découpage, dans ses décors, on retrouve cette fièvre épileptique, aussi dynamisante qu’éreintante.

Les acteurs, pris au piège de cette machinerie lourde, font ce qu’ils peuvent pour exister. La japonaise Rinko Kikuchi est celle qui se sort le mieux de cet exercice de haute voltige. Mais les personnages ne parviennent jamais ou presque à dépasser leur statut de figure archétypale propre au genre.

Toutefois Guillermo Del Toro n’est pas Michael Bay. D’abord parce qu’il fait toujours preuve d’un vrai foisonnement créatif (il n’y a qu’a voir le nombre de projets auxquels il est attaché) Pacific Rim s’appuie sur des bases scénaristiques élémentaires (trop prévisibles par moments) mais qui ne manquent pas d’inventions poétiques (comme la très jolie idée de la dérive entre les deux pilotes du Robot) ou d’humour (ne manquez pas la scène post-générique). Ensuite parce que le cinéaste possède un univers qui lui est propre et qu’il décline dans chacun de ses films (la présence de Ron Perlman, les créatures terrifiantes, les démons du passé, le poids du destin…). Enfin parce qu’entre deux combats titanesques, il laisse toujours une petite place aux enjeux humains rendant l’allégorie guerrière palpitante, malgré tout. Pas si mal pour un blockbuster estival.

Marianne

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