Critique : Passagers, de Morten Tyldum

L’espace est le nouvel espace de jeux des cinéastes. Le développement des compétences techniques et le succès de Gravity expliquent en partie cet engouement. Mais c’est aussi parce que l’espace est comme dans la vraie vie un nouvel eldorado, regorgeant de possibilités narratives innovantes. Avec Passengers, Morten Tyldum (Imitation Game) imagine un vaisseau spatial en transit dans l’espace vers une lointaine planète. Pour une raison inconnue, deux passagers sont réveillés 90 ans trop tôt de leur sommeil artificiel, les condamnant à veiller et mourir seuls sur ce vaisseau.
Instinct grégaire. Seul sur Mars de Ridley Scott ou encore Moon de Duncan Jones avaient déjà exploré la thématique de la solitude dans l’infini de l’espace ou sur une planète étrangère. Mais Passengers va plus loin que l’adrénaline de la survie ou la folie que peut engendrer une telle situation. Ces deux personnages doivent trouver un nouveau sens à leur vie, se réinventer afin de ne pas perdre la raison. Une thématique fascinante qui rend la première partie du film particulièrement attractive. Mais Passengers tombe hélas assez vite sur des ressorts dramatiques assez classiques autour de l’amour et de l’urgence de la survie.

Perte de repères. Un peu politique (le temps de quelques dialogues se dessine une critique de l’industrie du luxe et de l’espace comme nouvel eldorado pour gagner de l’argent), un peu métaphysique (avec cette idée de solitude au milieu du néant), Passengers se révèle être avant tout un film efficace avec sa love story et ses rebondissements spectaculaire. Tyldum en profite pour réaliser des scènes totalement photogéniques qui passent de l’infini de l’espace à l’agitation d’une rupture de gravité artificielle. Joli.

Duo mythique. Surtout Passagers peut compter sur la présence d’un duo inédit, composé des ultra « hypes » Jennifer Lawrence (Joy, Hunger Games) et Chris Pratt (Les Gardiens de la Galaxie, Jurassic World). Leur dynamique amoureuse (le mécanicien et l’intello) a tout de la love story old school que Hollywood produisait au temps des studio. Ils possèdent ce charme, suranné et moderne à la fois,  qui confère au long métrage ce supplément d’âme et en fait définitivement un divertissement réussi.

Marianne

Le film en bref : Un space opéra élégant qui réserve quelques jolis moments moments de bravoure mais préfère l’efficacité à la métaphysique. Il est tiré vers le haut grâce à son duo d’acteurs qu’on suivrait partout : même dans le vide intergalactique.

Photo : © Sony Pictures Releasing France

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