Critique : Quand vient la nuit, de Michaël R. Roskam

Qu’est-ce qui fait un bon polar ? Dennis Lehane connaît parfaitement la réponse à cette question. L’auteur, dont de nombreuses œuvres ont déjà été transposées sur grand écran (Mystic River, Shutter Island…) a décidé d’écrire lui-même le scénario de Quand vient la nuit (plus mauvais titre, tu meurs…). Et il s’est assuré d’avoir une mise en scène adéquate, puisque c’est Michaël R. Roskam (Bullhead) qui tient les manettes de ce long métrage.

Quand vient la nuit est adapté d’une nouvelle de Lehane. Le récit du film est donc assez concentré. Un timide barman (Tom Hardy, toujours aussi captivant) se retrouve malgré lui mêlé à une histoire de règlement de comptes. Ne cherchez pas, tout l’appareillage du parfait polar est présent. Les tueurs albanais, la femme (presque) fatale avec une cicatrice, des dialogues dignes des Soprano et un flic faussement bête… rien ne manque.

Pourtant derrière cette façade ultraclassique, Michaël. R. Roskam sait faire la différence. Elle n’est certes pas dans l’ambiance cosy des bars de Brooklyn, ni dans le développement des personnages de méchants franchement stéréotypés (j’espère d’ailleurs que l’excellent Matthias Schoenaerts ne va pas s’enfermer dans les rôles de brute épaisse. Il mérite mieux que ça). Mais le cinéaste sait faire monter la tension, doucement de manière imperceptible. Quand vient la nuit devient passionnant dans son étude de la violence. Elle est représentée de manière instinctive, presque naturelle. Et surtout, elle conditionne les relations entre les personnages. Du chiot innocent qui en est la première victime jusqu’au patron du bar (James Gandolfini qui tire ici sa révérence) qui tente de trouver une issue de secours, elle plane comme une ombre sur chacun d’entre eux.

N’allez pas croire pour autant que Quand vient la nuit est un film noir et désespéré. Au contraire, le film est en quelque sorte une ode à la naïveté.

Marianne

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