Critique : Rogue One, de Gareth Edwards

jonathan-olley

Lorsque que Star Wars a été racheté par Disney, on savait que la célèbre franchise s’apprêtait à connaître une nouvelle vie. D’abord avec la réalisation d’une suite directe dont le premier volet, Le Réveil de la Force réalisé par J.J. Abrams, est sorti à Noël 2015. Mais aussi avec la mise en place d’un univers étendu, autrement dit avec la sortie de films situés dans le monde de Star Wars mais explorant des histoires inédites et périphériques au canon originel. Rogue One est le premier spin off à se lancer dans l’arène intergalactique. Nous a-t-il convaincu ? A moitié.

Aux armes etc. Dès le départ, Rogue One doit faire face à un défi de taille : son manque d’enjeux.  Et pour cause, le long métrage retrace comment un escadron de rebelles est parvenu à voler les fameux plans de l’Etoile noire, document détenu par R2D2 dans Un Nouvel espoir. Le suspense est forcément éventé, du moins pour les fans de Star Wars. Toutefois Premier Contact nous l’a récemment prouvé, quelque fois le « comment » peut être aussi pertinent que la question même de la réussite. Malheureusement jamais Rogue One ne parvient à transcender suffisamment son récit ou explorer des pistes inattendues, se contentant de suivre une trame narrative guerrière assez classique.

Jyn, Cassian et cie. A ce déficit dramaturgique, il faut ajouter une autre faiblesse : le manque de charisme des personnages. A part le nouveau droïde K-2 SO et Chirrut Imwe, les deux seules figures un peu drôles du long métrage, tous les autres protagoniste de Jyn Arso à Cassian peinent à nous émouvoir. Du moins pas avant les dernières scènes du film où leurs dimensions tragiques se révèlent pleinement … mais il est déjà un peu tard. Dommage, surtout que la séquence d’ouverture était une jolie promesse de fil conducteur psychologique.

La guerre : mode d’emploi. Gareth Edwards et son équipe ont opté pour un parti pris très réaliste, recentrant le propos de Star Wars sur sa dimension guerrière. Ce choix est loin d’être inintéressant, notamment car dans son sous texte politique. Difficile de ne pas voir dans ces rebelles des similitudes avec ce qui se passe en Syrie. Cette optique martiale permet aussi au cinéaste de signer une longue séquence de combat dont le souffle épique et la maestria sont indéniables. Mais ce déni du merveilleux et de légèreté, atout majeur de ce type de production, lui enlève en même temps une partie de son âme de divertissement pur jus. Reste simplement les nombreux « Eastern Eggs » distribués tout le long du long métrage comme des friandises pour ravir le cœur des fans. C’est sympa, mais j’aurai préféré vibrer pour une histoire originale…

Marianne

Le film en bref : Un film de guerre assez réaliste avec un propos politique finaud mais qui pâtit d’un manque de vrais enjeux dramaturgiques et de personnages peu attachants. Le spectacle est agréable mais la magie n’est plus vraiment là. Arph !

2 Responses to Critique : Rogue One, de Gareth Edwards

  1. Bonsoir dit :

    Toutefois, la prélogie était aussi basée sur le même enjeu, cela ne m’a pas empéché d’aprécier l’intégralité de l’oeuvre qui se déroule elle en 3 films,contrairement à rogue one, où on savait pertinemment que Anakin allait sombrer dans le côté obscur de la force et que l’Empire allait prendre le pouvoir. Je trouve qu’il y avait déja beaucoup plus de pistes innatendues que dans star wars 7, de nouveaux personnages (Hormis Dark Vador,Tarik,Organa et les quelques personnages ayant un rôle pas important) , de nouvelles planètes bien différentes que celles des derniers opus et un scénario CONVENAbLE et qui tient la route. En soit le film respecte son contrat car quand on va voir Rogue one, on connait déja la fin et on ne peut pas le lui reprocher. On a donc suivi une épopée qui consiste à récupérer les plans de l’étoile noir (par la force évidemment) dificile de ne pas suivre une trame narrative guerrière assez classique non ?

    • Marianne dit :

      Tout a fait mais ce n’est pas le classicisme de l’ensemble qui me chagrine vraiment dans Rogue One, c’est plus le manque d’empathie pour les personnages et le côté ultra sombre. Je comprends totalement le parti pris et le film est parfaitement bien réalisé mais moi il me manque la dimension magique de Star Wars.

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