Critique : Seven Sisters, de Tommy Wirkola

Dans un monde futuriste surpeuplé, la politique de l’enfant unique rend illégal les naissances multiples. Dans cette tyrannie sociétale, des septuplées vivent en cachette. Pour passer inaperçues, elles se partagent une identité unique en sortant chacune un jour différent de la semaine. Avec ce pitch original et son univers orwellien rappelant autant Soleil Vert que Bienvenue à Gattaca, Seven Sisters a le mérite de se démarquer des productions de SF actuelles. Mais Tommy Wirkola spécialiste des séries B fantastiques (Dead Snow, Hansel et Gretel chasseurs de sorcières) a-t-il les épaules pour tenir sur la longueur ? Pas complètement.

Dictature au nom du bien commun. Seven Sisters n’est pas de la science-fiction façon space opera comme Star Wars ou Valerian. Le film s’apparente plutôt au genre très en vogue de l’anticipation dystopique qui voit une démocratie basculer vers la dictature suite à un événement catastrophique. Ici c’est la surpopulation et le manque de ressources qui motivent les sombres destins des gouvernants. La problématique est pertinente puisque la surpopulation est une question à laquelle nos sociétés modernes pourraient un jour être confrontées.

Actionner. Malheureusement l’exploration de cet univers et le quotidien de ces sept sœurs n’est clairement pas l’argument principal de Seven Sisters. Le long métrage se transforme assez vite en actionner spectaculaire quand les jeunes femmes commencent à être traquées. Cette course poursuite violente et tentaculaire n’en est pas moins d’une efficacité diabolique. La tension est palpable. Dommage que le scénario tombe trop vite dans la facilité alors que le postulat de départ apparaissait comme beaucoup plus ambitieux.

Noomi × 7. Le plaisir que l’on prend malgré tout devant ce spectacle tient pour beaucoup à la qualité d’interprétation de Noomi Rapace (Millenium, Prometheus, Quand vient la nuit) qui tient avec brio ce septuple rôle. La force dramatique du long métrage tient en grande partie sur ses épaules. On aime immédiatement ces sœurs condamnées à vivre enfermées 6 jours sur 7 dans leur grand appartement. Chacune est une facette différente de la féminité et on se prend au jeu de savoir lesquelles vont survivre.

Marianne

Le film en bref : Un actionner de SF diablement efficace qui s’appuie sur un pitch original et l’interprétation solide d’une Noomi Rapace qui joue pas moins de sept rôles différents. Dommage que le scénario n’ait pas eu plus d’ambition en nous proposant des rebondissements un peu moins prévisibles.

Crédit Photo : © SND

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *