Critique : Sicario, de Dennis Villeneuve

sicario-blunt-desert-700x365

Avec Sicario, Denis Villeneuve est entré dans la cour des grands. Le film a participé à la sélection officielle du dernier Festival de Cannes. Et bizarrement c’est avec son film le plus grand public qu’il a obtenu cette reconnaissance. Il faut dire qu’après le psychanalytique Enemy  et le polar poisseux Prisoners, le cinéaste québécois avait commencé à faire parler de lui qu’ailleurs que chez les lecteurs de Télérama. Sicario est un thriller habile qui a pour ambition de vous laisser KO. Le destin est tenace, aucun des personnages ne pourra y échapper. 

Tension. Denis Villeneuve sait comment faire monter la pression. C’est même le principal argument de ce long métrage qui nous plonge dans l’enfer de la traque aux cartels de la drogue mexicains. La violence, les corps mutilés, la police corrompue, partout où le cinéaste pose sa caméra un danger potentiel apparait dans le champs. La musique en arrière plan rend la tension quasi palpable. Le spectateur est plongé dans une ambiance instinctive, quasi animale qui chamboule complètement notre rapport à l’image. Le rendu est assez impressionnant.

Blunt power. Dans ce monde viril, Villeneuve a donné le rôle principal à Emily Blunt. Si ce n’est pas la première fois que la dame fait ses preuves dans un film d’action (Edge of tomorrow, Looper), l’actrice anglaise est ici le parfait leading-man. Autrement dit, elle incarne le rôle du bleu qui découvre l’horrible réalité du monde dans lequel elle gravite plutôt que celui de la pauvre femme fragile. Ca change. Face aux charismatiques Benicio del Toro (Paradise Lost, Jimmy P.) et Josh Brolin (Everest, Sin City 2), elle en impose sans jamais renoncer à sa féminité.

A l’aveugle.  Sicario nous plonge au cœur de l’action, sans prendre le temps de nous expliquer tous les ressorts politiques. Si cette posture peut décontenancer le spectateur, elle sert pourtant la mise en scène. En réalité, Denis Villeneuve nous place dans la même situation que son héroïne : jetée dans la fosse aux lions. En même temps qu’elle, on découvre les réalités tactiques et politiques de cette guerre incessante. Le cinéaste ne s’embarrasse que très peu d’explications renvoyant chaque partie à sa propre moralité. Tout n’est jamais qu’une question de point de vue…

Marianne

Le film en bref : Un thriller qui sait faire monter la tension et qui renvoie dos à dos les cartels et les autorités. Emily Blunt est géniale en leading man.


Photo : © StudioCanal

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *