Critique : Sils Maria, d’Olivier Assayas

Olivier Assayas occupe une place à part dans le cinéma français. Refusant de s’enfermer dans un cinéma d’auteur sclérosant, dont il a pourtant les gènes (ancien des Cahiers du Cinéma), Assayas tente lui d’expérimenter des choses nouvelles, de faire du thriller, du drame musical ou même une série télé. Il ose même  tourner avec des acteurs américains, sans jamais renoncer à sa liberté.

Avec Sils Maria, il joue au jeu dangereux de la mise en abyme. Les niveaux de lecture sont tellement multiples que par moment la trame ressemble à un Rubik’s cube métaphysique. Pour résumer, le cinéaste nous propose une réflexion intéressante sur le métier d’actrice moderne. Le tout est enrobé dans une ambiance « berganienne pop ». Ici comme chez le cinéaste suédois, tout se passe dans l’acuité des dialogues mais aussi dans les non-dits. Mais Assayas s’autorise quelques fioritures de son époque, avec des séquences aussi caricaturales que jouissives sur le Hollywood contemporain et les réseaux sociaux. Il faut voir Chloë Grace Moretz (Kick Ass) jouer les fausses Miley Cyrus avec un naturel confondant.

Le problème c’est qu’on aimerait qu’Assayas aille encore plus loin, transgresse un peu les codes… Las ! L’ambiguïté restera de façade. En plus à trop vouloir jouer la carte de l’analyse, il en oublie un peu les émotions. Au final, c’est un peu trop sage et, soyons honnête, par moments l’ennui nous guette.

Mais tout n’est pas perdu. La confrontation entre une Juliette Binoche (dernièrement dans Godzilla), qui capte décidément la lumière comme personne, et une Kristen Stewart (loin de Twilight), qui intrigue malgré sa moue boudeuse permanente, constitue à elle seule un grand moment de cinéma.

Marianne

Photo : ©Pallas Film/ NFP Carole Bethuel

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