Critique : Sing Street, de John Carney

John Carney connaît la musique. Et je ne dis pas ça juste pour l’effet de style. Le réalisateur de Once et de New York Melody à lui-même été bassiste au sein du groupe The Frames dans les années 90.  Si la musique est sa passion, le cinéma reste cependant sa plus belle forme d’expression. Sing Street, inspiré sans doute de sa propre existence, se révèle être un feel good movie aussi électrisant qu’émouvant.

Voyage dans le temps. Dans le Dublin des années 80, la vie n’est pas simple. Surtout lorsque que vos parents divorcent. C’est ce qui arrive à Connor, obligé de quitter son lycée privé pour rejoindre les bancs d’une école publique tenue de main de fer par un prêtre loin d’être rock’n’roll. Pour échapper à la morosité ambiante, et séduire la belle Raphina, le jeune homme va créer son propre groupe.

Comédie sociale pleine de peps. Sing Street surfe sur la voie tracée par Les Commitments d’Alan Parker ou Billy Elliot de Stephen Daldry. Carney maîtrise parfaitement ce subtil mélange entre d’un côté la réalité sociale du Dublin des années 80 (la difficile émancipation de la femme, le rêve de s’échapper vers l’Angleterre, les méthodes d’éducation strictes, la rigidité de l’église…) et de l’autre le rythme effréné de la comédie (le tournage des clips, le changement de coiffure du héros comme élipse temporelle, une séquence de rêve…). Les jeunes acteurs (Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton et Jack Raynor vu dans Transformer IV) font preuve d’un charme ensorcelant.

Création originale. La musique a toujours été au cœur des films de Carney. Les séquences musicales étaient d’ailleurs les éléments les plus poétiques et réussis de New York Melody. Mais avec Sing Street, on a l’impression que le cinéaste a compris que ces séquences ne doivent pas être seulement démonstratives. La création est cette fois-ci vécue comme une cartharsis par le héros qui y exprime autant son amour que sa colère. La bande originale est géniale car elle mixe avec habilité des titres incontournables avec des créations originales qu’on fredonne encore en sortant de la salle. Ne vous privez surtout pas de ce petit plaisir.

Marianne

Le film en bref : Subtil mélange entre Les Commitments et Billy Elliot, Sing Street est un feel good movie pétillant qui ne manque ni de rythme ni d’émotion. A voir aussi pour sa sublime bande originale.

Photo :©Mars Films

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *