Critique : Spectre, de Sam Mendes

Après le sublime Skyfall, l’objectif de Sam Mendes était clair : faire mieux ou du moins aussi bien. A-t-il réussi son pari ? A Lost in Universes, on pense que oui. Même si Skyfall continue de trôner fièrement au panthéon des meilleurs James Bond.

Une scène d’introduction magique. Un des passages obligés des films de James Bond réside dans sa scène d’introduction. Soyons clair, celle de Spectre est pour moi l’une des plus belles jamais réalisées. Elle débute par un plan séquence mythique dans les rues de Mexico en pleine fête des morts avec un 007 déguisé en squelette (pour mieux défier la mort ? A moins que ce ne soit un hommage au Baron Samedi de Vivre et laisser mourir…). Spectaculaire, trépidante, fluide, pleine de tension et virtuose… elle est un condensé du meilleur de ce que le cinéma d’action peut fournir.

Léa Seydoux, une James Bond Girl contemporaine. L’autre force de Spectre réside dans sa James Bond Girl. Si Monica Belluci fait clairement de la figuration, Léa Seydoux s’inscrit dans une nouvelle tendance de l’héroïne bondienne. Moins docile, plus téméraire, elle cultive un look volontairement rétro tout en affichant un vrai tempérament moderne. Bref, elle ne se contente pas d’être un faire-valoir, tout en apportant la touche glamour indispensable à ce nouvel épisode de l’espion préféré de sa majesté.

De la suite dans les idées. Avec Spectre, Sam Mendes boucle en quelque sorte l’histoire introduite avec Casino Royale. Tous les ingrédients indispensables de la Franchise sont enfin présents : MoneyPenny (Naomie Harris), Q (Ben Whishaw), un M masculin. Mieux, ces derniers prennent l’allure d’une véritable équipe. On en sait un peu plus sur leur psychologie. On apprend ainsi que Money Penny a une vie en dehors de James et que Q est un geek solitaire. Mais surtout, Spectre fait même le lien avec les autres épisodes faisant référence à d’anciens personnages vu dans la saga.

Une transition réussie. Je me doute que certains puristes ne goûtent pas ce genre de détail. A Lost in Universes, au contraire on trouve qu’à l’heure du Marvelverse, de l’adaptation des trilogies young adults et de l’engouement pour les séries télé, une narration suivie est indispensable. Sam Mendes construit un univers cohérent qui fait la transition entre l’ancienne garde inoubliable (Sean Connery reste le James Bond Ultime) et la nouvelle génération. Il s’est approprié les codes pour mieux les réinventer et faire de Spectre un divertissement de son époque.

Quelques petites faiblesses. Malgré toutes ces qualités, Spectre pâtit d’une trame de fond sans grande originalité. Bien sûr, on a apprécié toute l’ironie de la critique sur les nouvelles technologies capables de remplacer les espions, mais on aurait aimé une satire politique un peu plus approfondie. Quand au grand méchant, dont je ne révélerait pas l’identité, il manque peut-être un peu de créativité. Il faut dire que Christoph Waltz avait tellement marqué les esprits en méchant dans Inglorious Basterds. C’était un peu difficile de faire mieux. Mais malgré ces petits défauts, Spectre reste un très bon James Bond. A ne pas rater.

Marianne

Le film en bref : Même si son scénario est moins original que celui de Skyfall, Spectre profite de la mise en scène précise et créative de Sam Mendes qui s’illustre dès la scène pré-générique. On aime particulièrement la façon dont le cinéaste gère le passage délicat entre la tradition bondienne et le film d’action moderne et intelligent. Léa Seydoux et Daniel Craig sont parfaits.

Photo : © 2015 Sony Pictures Releasing GmbH

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