Critique : Star Wars VII, Le Réveil de la force, de J.J. Abrams

Star Wars: The Force Awakens

L to R: Finn (John Boyega) and Rey (Daisy Ridley)

Ph: Film Frame

© 2014 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved..

L’exercice de la critique est parfois un art périlleux. Et dans le cas de ce Réveil de la force tant attendu, cela paraît même presque impossible. Pourquoi ? Parce que Star Wars n’est pas un film comme les autres. Il est devenu au fil des années un phénomène de pop culture dépassant largement le cadre strict du cinéma. Les fans se fichent d’ailleurs bien de toutes les critiques. Quant aux cinéphiles, au sens scientifique et dogmatique du mot, ils préfèreront débattre sur le dernier Nanni Moretti. Pourtant, au-delà de la frénésie planétaire, de la dimension marketing et de son statut d’objet culte, ce Réveil de la force est bien un nouveau long métrage qui s’inscrit dans un univers cinématographique parfaitement défini. Décryptage.

Retour aux origines. J.J. Abrams avait prévenu. Ce nouvel épisode reviendrait aux sources de la franchise, soit pour les fans à la trilogie d’origine. Fini la débauche d’effets numériques de la prélogie, Le Réveil de la force s’inscrit dans la parfaite continuité de la fin du Retour du Jedi sorti en 1983. Evidemment les maquettes ne sont plus, et on notera quelques créatures travaillées à la palette graphique, mais le bestiaire imaginé par J.J. et Disney préfèrent le maquillage, les prothèses et les décors naturels aux effets spéciaux à outrance.

Nostalgie quand tu nous tiens. J.J. Abrams ne fait pas que jouer avec l’imagerie « starwarienne » originelle, il en reprend les principaux codes narratifs. L’intrigue compte nombre de séquences qui rappellent les scènes cultes de l’épisode IV (Un Nouvel Espoir). Un peu comme si on tournait les pages d’un grimoire sacré. L’effet madeleine de Proust est irrésistible. Les fans seront sous le charme et cela ne gâchera en rien le plaisir des néophytes. Mais cette étrange nostalgie a tout de même un effet pervers : elle empêche le storytelling de s’aventurer sur de véritables nouveaux chemins. L’histoire se répète semble nous dire J.J. Abrams… Pourquoi pas. Mais j’espère que cette introduction identitaire volera tout de même en éclats dans les prochains épisodes. Car pour grandir, il faut savoir tuer le père, non ?

Des nouveaux personnages modernes. Et pour permettre à l’histoire d’évoluer vers de nouveaux cieux, Le Réveil de la force a mis en place de nouveaux personnages solides. Rey (la révélation Daisy Ridley) est une héroïne moderne qui ne sert pas de simple faire-valoir. Comprenez :  » Elle n’a pas besoin d’un homme pour être sauvée « .  Finn (John Boyega vu dans Attack the Block) joue une personnage complexe et mystérieux mais surtout immédiatement attachant. Quand à Poe (le charismatique Oscar Isaac Ex Machina, A Most Violent Year…), il a le potentiel pour être le nouveau Han Solo. On regrette que son personnage soit peu développé dans ce premier épisode, mais on parie qu’il prendra de l’ampleur dans les films à venir. Une bonne histoire n’est rien sans un bon méchant. C’est l’ultra-branché Adam Driver (la série Girls, Frances Ha, Inside Llewyn Davis) qui a la lourde tâche d’incarner le nouveau Darth Vader. Pour l’instant son Kylo Ren s’en sort plutôt bien. La scène où il enlève son masque est l’une des plus marquantes du long métrage.

Bref, on a hâte de retrouver tout ce petit monde dans de nouvelles aventures. Le contrat est rempli. Rendez-vous en décembre 2017 pour connaître la suite.

Marianne

Le film en bref : Un premier épisode en forme d’hommage à la trilogie originelle rempli d’une certaine nostalgie plutôt bienvenue mais qui aura besoin d’être secouée dans les prochains épisodes. Les nouveaux personnages ont repris le flambeau avec toute l’énergie et la modernité de notre époque. Merci J.J. Abrams.

Photo : © Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved.

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