Critique : States of Grace, de Destin Cretton

Il y a des films qu’on est obligé d’aimer. States of Grace, premier long métrage de Destin Cretton, en fait partie. Il n’est pas parfait, mais dégage une sensibilité un peu viscérale à laquelle il est difficile de ne pas succomber.

Dès les premières minutes, le spectateur est happé par cet univers à part, celui d’un foyer pour adolescents en difficulté. Ici le quotidien bascule du rire aux larmes en un instant. Entre les fugues, les crises d’hystérie et les séances de punching ball… chacun essaie de mettre ses idées au clair. Les gamins comme les adultes. Car dans ce foyer, les gérants ont autant de failles que leurs petits protégés. Surtout Grace, l’héroïne, qui se jette à corps perdu dans cette mission, quasi mystique, pour exorciser son propre passé.

Le film n’invente rien, mais le cinéaste évite de tomber dans un pathos lénifiant. Son atout principal ? Ses interprètes. Brie Larson en tête. Son charme discret fait des merveilles. Déjà excellente dans des rôles secondaires (Don Jon et The Spectacular Now), elle confirme son potentiel de future grande. Ses jeunes partenaires, Kaitlyn Dever en particulier, font preuve d’une belle maturité de jeu.

Destin Cretton tente de capter tous ces petits instants suspendus grâce à une mise en scène hachée, faites de plans serrées qui s’attardent sur les visages et les détails. Les plans larges, plus rares, servent de respiration. Comme si tout à coup le cinéaste permettait à ses personnages d’ouvrir leurs horizons. Et le nôtre.

Pour être honnête, on aurait souhaité que ces moments soient plus nombreux. Que la caméra prenne plus souvent le large pour que l’on ait le temps d’analyser ce flux d’émotions et surtout pour développer une histoire plus compacte. Mais la scène finale, tournée au ralenti, sert de parfaite conclusion. Peu importe les épreuves traversées, la vie est un éternel recommencement.

Marianne

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