Critique : Strictly Criminal, de Scott Cooper

Encore un film de gangsters ? Oui, sauf que celui de Strictly Criminal (Black Mass en v.o.)  a bel et bien existé. James « Whitey » Bulger  est même une telle légende que le cinéma s’est déjà emparé de lui pour créer certains personnages (notamment dans The Town de Ben Affleck ou Les Infiltrés de Scorsese). Scott Cooper cinéaste spécialiste des traumas de la société américaine (Crazy Heart, Les Brasiers de la colère) joue donc au petit jeu du « gangsta biopic ».

Les codes du genre. A l’ écran tous les passages obligés du film de gangsters sont respectés. Les exécutions à la chaîne, les périodes de faste et le lent déclin. Scorsese, Coppola et De Palma semblent hanter la pellicule. Un peu trop peut-être, car pour quiconque est un habitué du genre l’histoire qui se déroule devant nos yeux a clairement un goût de déjà vu.

Le maître du gros plan. Pourtant dans sa mise en scène Cooper ne joue pas au copié-collé. Son utilisation du gros plan est à ce titre   assez différente de ce qui est fait dans ce genre de film habituellement. Le cinéaste n’ a pas peur de montrer ces criminels pour ce qu’ils sont vraiment : des monstres. Bouffi, plein de cicatrices, yeux exhorbités… Ils n’ont rien de la classe d’un Tony Montana ou d’un Don Corleone.

Johnny Depp terrifiant. Mais le chef d’ orchestre de ce petit théâtre de l’horreur se nomme Johnny Depp. Méconnaissable avec sa calvitie naissante et ses yeux bleu acier, il personnifie la figure du psychopathe dangereux. Dès la première séquence dans le bar, dans la manière qu’il a de regarder ses associés, on sent toute la colère derrière le masque. Il est terrifiant dans chacun de ses gestes, dans chacune de ses paroles. Une vraie performance à mille lieu des mimiques du Capitaine Jack Sparrow. Le reste du casting de Joel Edgerton (Life, Gatsby le Magnifique) à Benedict Cumberbatch (Imitation Game, 12 years a slave) en passant par Dakota Johnson (50 nuances de grey), Kevin Bacon (la série Following) et Julianne Nicholson (Un été à Osage County, la série The Red Road) est sans fausse note.

Poids du passé. Strictly Criminal parle également de collusion avec la police, de la fascination que peuvent avoir les gangsters sur une petite communauté et du poids des origines sur certains individus. Dommage simplement que ces questions restent au stade du simple constat, car elles auraient sans doute donné au film une envergure supplémentaire.

Marianne

Le film en bref : Un film de gangsters d’excellente facture malgré son petit air de « déjà vu. » Cooper use et abuse du gros plan et transforme Johnny Depp en monstre.


Photo : © 2015 Warner Bros. Entertainment Inc., CCP Black Mass Film Holdings, LLC, Black Mass Holdings, LLC and Ratpac-Dune Entertainment LLC

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