Critique : The Cakemaker, de Ofir Raul Graizer | Lost in Universes – Le portail vers d'autres univers

Critique : The Cakemaker, de Ofir Raul Graizer

L’amour rend fou. Mais les films qui en parlent ne le sont pas forcément. The Cakemaker n’a rien d’exubérant, au contraire. En explorant les conséquences d’un deuil sur un jeune homme en manque de repères et qui s’invite dans la famille de son amant mort subitement, Ofir Raul Graizer tente de capter quelque chose d’invisible : les tourments de l’âme.

Sensualité. Ofir Raul Graizer pérfère ainsi les émotions nues aux longues explications. Pour faire monter le désir, il utilise une métaphore culinaire particulièrement sensuelle. Il y a dans les mains de Thomas (magnétique Tim Kalkhof) une force brute et une sensibilité que le cinéaste parvient parfaitement à transmettre. La séquence entre le jeune pâtissier et la veuve Anat, seuls dans l’arrière cuisine, est d’une intensité poétique assez folle.

Néo-romatisme. Même s’il en emprunte certains des codes, The Cakemaker n’est pas à proprement parler une comédie romantique. Ainsi le film invente un triangle amoureux d’un nouveau genre puisqu’un de ses membres n’est plus là, mais plane en permanence dans le cœur et l’esprit des deux autres. Cette valse amoureuse à contre-temps brasse toute une série de thématiques inhabituelles dans le genre, comme la religion, la bisexualité ou le deuil.

Secret. La délicatesse de la caméra de Ofir Raul Graizer se retrouve également dans les non-dits, le poids du secret de Thomas et les interdits de la religion juive. Cet ensemble donne un film d’une beauté assez naturelle. Mais à trop jouer la carte de la subtilité, le cinéaste finit par rendre son propos un peu abscons. La scène finale est légère et puissante mais il manque tout de même une confrontation entre les deux personnages principaux. Cela n’empêche pas Tim Kalkhof et Sarah Adler de nous enchanter pendant 1 h 44.

Marianne

Le film en bref : The Cakemaker est une néo-comédie romantique qui casse les codes du genre. On aime l’élégance des personnages et la délicatesse de la mise en scène de Ofir Raul Graizer. Son ambiance très intérieure aurait peut être juste gagné à se déployer de manière plus explicite dans certaines séquences.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *