Critique : The Danish Girl, de Tom Hooper

Les biopics ont plusieurs fonctions. Souvent, il s’agit de mettre en image la vie de célèbres artistes, politiciens et autres scientifiques qui ont laissé leur empreinte sur le monde. Mais parfois, on va au contraire mettre la lumière sur des oubliés de l’histoire et qui pourtant à leur manière ont contribué à changer le monde. Lili Elbe (née Einar Wegener) appartient à cette deuxième catégorie. 

Transgenre. The Danish Girl suit donc le destin de Einar/Lili, pionnière du transgenre puisque c’est la première personne a avoir subi l’opération de changement de sexe dans l’Autriche des années 30 ! Inutile de dire que le chemin n’a pas été simple. Considérée comme malade mentale, perverse ou au mieux homosexuelle, Lili a dû se battre avant de mettre un nom sur le mal qui la ronge : elle est née femme dans un corps d’homme.

Love story. Ainsi résumé, The Danish Girl pourrait apparaître comme un mélodrame un peu appuyé. Mais, il n’en est rien car le scénario a la bonne idée de se concentrer sur l’histoire d’amour entre Einar/Lili et son épouse Gerda. Femme forte et artiste passionnée, elle a soutenu son mari malgré tout. Malgré le jugement de la société et surtout malgré ce que cela signifiait pour elle… Ce n’est pas pour autant une abdication mystique, car plusieurs fois dans le film Gerda tente de lutter. Mais, il faut bien se rendre à l’évidence, Lili n’est pas une illusion. L’ironie veut que c’est en peignant les portraits de Lili qu’elle parviendra à la reconnaissance…

Académisme. Tom Hooper filme cette histoire avec tact et délicatesse comme c’était déjà le cas pour Le Discours d’un roi. Forcément comme son décor se déroule dans le milieu artistique, il a tout loisir d’explorer l’idée du spectacle, de la représentation et de l’image. Lili est souvent perçue au travers d’un reflet d’un miroir ou des tableaux de Gerda. Hooper reste peut-être un peu trop dans la pure tradition de l’académie mais son oeuvre est tout de même transcendée par la force de l’interprétation de ses personnages. Eddie Redmayne (Une Merveilleuse Histoire du temps) est troublant dans ce double rôle. Quand à la très occupée Alicia Vikander (Agents très spéciaux, Ex Machina), elle s’impose définitivement comme l’une des actrices à suivre de ces prochaines années. Ils rendent tous les deux un bel hommage à ces êtres sacrifiés dans une époque qui n’était pas prête.

Marianne

Le film en bref : Un mélodrame classique sur un sujet qui ne l’est pas et qui évite tout pathos en se concentrant sur l’histoire d’amour entre Einar/Lili et sa femme Gerda. Un bel hommage.


Photo : ©Universal Pictures

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