Critique : The East, de Zal Batmanglij

Le cinéaste Zal Batmanglij forme avec l’actrice et scénariste Brit Marling (Another Earth, un ovni de science-fiction que Lost in Universes vous recommande) un duo à part dans le cinéma indépendant américain. Co-auteurs il y a deux ans d’un long métrage confidentiel, A Sound Of My Voice sur les dérives sectaires, ils reviennent aujourd’hui avec un brûlot sur l’écoterrorisme. Les mécanismes d’endoctrinement et la fascination pour les leaders semblent donc faire partie de leurs thématiques de prédilection.

The East suit une ex-agent du FBI reconvertie en espionne de compagnie privée, chargée d’infiltrer un mouvement menaçant les intérêts économiques de grandes sociétés. Une mission qui va se révéler aussi dangereuse que dérangeante pour la jeune femme. Autour de cette trame classique, les deux auteurs ont tricoté une intrigue solide oscillant entre le film d’espionnage, la romance impossible et la prise de conscience politique. Un cocktail assez réussi même si la mise en scène manque de parti-pris et qu’on aurait aimé des personnages plus ambigus.

Ce sont les scènes au sein de la petite communauté qui se révèlent les plus surprenantes. L’identification est totale, puisque le spectateur apprend à découvrir ce nouveau monde en même temps que l’héroïne. L’empathie pour les personnages fonctionne sur ce même principe. D’ailleurs le choix des acteurs semble avoir été réfléchi en fonction de leur capital sympathie. En cultivant son côté girl next door, Brit Marling est immédiatement attachante. Alexander Skarsgård (échappé de True Blood) prouve qu’il mérite mieux que les rôles de bellâtres qu’on lui a pour l’instant accordés et Ellen Page (Juno, X-Men) reste en toutes situations la petite sœur qu’on a envie de protéger.

Sans apporter de réponse à la problématique écologique ou sur les moyens d’agir, The East a au moins le mérite de mettre la société contemporaine en face de ses propres contradictions. Ce qui est déjà plus que de nombreux films tentant de traiter le même sujet.

Marianne

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