Critique : The Lunchbox, de Ritesh Batra

Bollywood ne produit pas que des comédies musicales colorées. Les cinéastes indiens sont capables de faire des films plus intimistes comme ce Lunchbox qui a enchanté la Croisette en mai dernier. Tout est dans le pitch. Une mère de famille délaissée tente de regagner le coeur de son mari en lui préparant des bons petits plats. Mais une erreur de livraison va tout changer. Les mets délicats arrivent sur le bureau d’un veuf bientôt à la retraite. Une belle relation épistolaire commence.

Peut-on tomber amoureux de quelqu’un que l’on n’a jamais vu ? A l’heure de Meetic et de Facebook, cette question peut paraître incongrue voire obsolète. Et pourtant Ritesh Batra a écrit une histoire profondément rafraîchissante. Il est aidé par ses comédiens (Nimrat Kaur et Irrfan Khan), aux prestations subtiles que l’on aime instantanément.Le spectateur se laisse bercer, gentiment, par le montage élégant qui alterne entre les deux modes de vie.

Drôle et émouvant, Lunchbox emprunte les chemins du feel good movie. Pourtant à cause d’un final en demi-teinte (le réalisateur ne tranche pas, dommage) et de thématiques assez sombres, il se dégage une certaine tristesse de ce long métrage. 

Car derrière ce romantisme de carte postale fait de coriandre et de nans, se cache l’Inde moderne. Celle qui tente de donner la parole aux femmes, enfermées dans leur rôle d’épouse. Celle de ces mégalopoles dont les transports en communs sont autant surchargés et sans âme que les nôtres. Celle de cette société qui remplace les individus par d’autres sans sourciller. Bref une Inde toujours empêtrée dans ses traditions mais qui s’interroge sur ses nouvelles mutations. Loin, très loin des sucreries made in Bollywood.

Marianne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *