Critique : The Mortal Instruments : la Cité des ténèbres, d’Harald Zwart

Chacun cherche son roman jeunesse à succès. Mais c’est comme avec les garçons, il faut en essayer beaucoup avant de tomber sur un prince charmant. Malheureusement pour Sony, la saga signée Cassadra Clare ne sera pas le nouveau Twilight ou Hunger Games. Pourtant, sur le papier, le projet semblait ambitieux. Au menu, un univers peuplé de créatures fantastiques, un casting so british menée par Lily Collins et une trame pleine de mystères et de rebondissements. Sans oublier que l’auteur du roman a travaillé en étroite collaboration avec la scénariste, afin de s’assurer que le film ne s’éloignerait pas trop du matériau original.

Seulement toutes les meilleures intentions ne suffisent pas à faire un bon film. Certes cette Cité des Ténèbres est plus sombre et moins lisse que la saga de Stephenie Meyer, mais son intrigue paresseuse manque sérieusement d’imagination. Le pire ? Son twist final qui flirte allègrement avec Star Wars et certaines répliques mièvres qui prêtent à sourire.

Vous n’échapperez pas non plus à l’éternel triangle amoureux, même si Cassandra Clare tente de le moderniser. Elle n’hésite pas non plus à parler d’homosexualité, ce qui n’est pas si courant dans ce type de courant littéraire. 

Heureusement  les scènes d’action rythmées et musclées sont plutôt réussies. Mais on ne peut pas en dire autant des passages romantiques… L’interprétation efficace relève également un peu le niveau. Quel plaisir de retrouver dans un même film Robert Sheehan (à l’opposé de son personnage de Misfits), Aidan Turner (Being Human, Le Hobbit), Lena Headey (Game of Thrones) ou encore Jonathan Rhys Meyer (bientôt dans Dracula). Le couple principal (Lily Collins et Jamie Campbell Bower) a par contre un peu de mal à éviter la caricature. 

Malgré tous ces écueils, on sent en arrière-fond tout le potentiel de cet univers gothique niché dans un paysage urbain. Avec un réalisateur possédant une vraie vision, les choses auraient peut-être été différentes. Nous ne le saurons sans doute jamais. De toute manière, au vu des faibles recettes réalisées au box office, le deuxième volet des aventures de Clary, Jace et Simon n’est pas prêt de voir le jour.*

Marianne

* Mise à jour : Après avoir repoussé le tournage, la société Constantin Films vient d’annoncer que l’épisode 2 City of Ashes verra finalement bien le jour. Les décideurs affirment avoir compris leurs erreurs et être capables de faire mieux pour ce deuxième volet. Sigourney Weaver est annoncé au casting. Le nom du réalisateur lui n’a pas changé…

Certains films sont des mystères. Quelques réalisateurs parviennent, sans effets de manche et sans un casting prestigieux, à créer des univers qui sont des merveilles de délicatesse et de poésie. Donnie Darko, Monsters, Another Earth sont de ceux-là. D’autres, avec un scénario raisonnablement intéressant et des acteurs formidables, ne parviennent pas à animer un monde original. Malheureusement pour les amateurs de Mortal Instruments, City of Bones fait partie de ces derniers.

Pourtant l’œuvre de Cassandra Clare étant ce qu’elle est, l’auteur participant à l’écriture du scénario, les acteurs étant talentueux, il ne semblait pas que l’on puisse rater cette adaptation. Certes il n’était pas question de chef-d’œuvre mais au moins de fantaisie et d’enchantement. C’était, hélas, sans compter sur Harald Zwart. Mythologie sabotée, scènes caricaturales, raccourcis sans doute incompréhensibles pour ceux qui n’ont pas lu la saga, acteurs sous-employés, fin sans suspens… rien ne sauve le film. Même l’inratable scène de la serre est sans magie. Là où Beautiful Creatures avait son charme malgré des défauts avérés et où Twilight s’en sortait grâce à la fusion Robert Pattinson et Kristen Stewart, City of Bones ne parvient jamais à prendre son élan. Inutile de jeter la pierre à Jamie Campbell Bower (Sweeney Todd, Anonymous, London Boulevard), Lily Collins (Claudia Lewis), Aidan Turner (Being Human version anglaise, Le Hobbit) ou C. C. Pounder  (The Shield, Sons of Anarchy) qui ont prouvé par ailleurs qu’ils sont d’excellents interprètes… Brad Pitt en personne n’aurait rien pu faire. Harald Zwart ne trouve même pas moyen de tirer parti de New York dont Cassandra Clarke fait un vrai personnage.

Pour une fois le dilemme livre/film se résout sans difficulté aucune : découvrez le livre si vous êtes amateur d’amours adolescentes teintées d’aventures fantastiques et fuyez le film. Uns suite est annoncée, on se demande bien par quel miracle hollywoodien.

Laurence

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