Critique : The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn

Un film d’horreur dans le monde de la mode. Un film d’épouvante au féminin. Il n’y avait que Nicolas Winding Refn pour oser l’expérience. Ou plutôt devrais-je dire NWR, l’alter ego diabolique du cinéaste, son Myster Hide en quelque sorte.  Non, The Neon Demon est loin d’être un film creux, il faut juste savoir comment le prendre.

Planète Terreur. Dès le plan d’ouverture, une Elle Fanning (Maléfique, Super 8) ensanglantée pour une séance de photo glamour, Refn prévient le spectateur : son film sera un faux-semblant fait de décors chics et de poupées de sang. Pourtant plus que la publicité Chanel ou Gucci à laquelle certains critiques tentent de réduire le film, j’y vois au contraire un hommage au giallo de Dario Argento ou de Mario Bava. Cette esthétique pop, colorée et tape-à-l’œil ne sert donc pas qu’à capter l’évanescence toc de ce milieu, elle est la marque d’un univers horrifique référencé. Un ballet visuel sanglant, sans faute de goût.

Cherchez l’auteur. Après Only God Forgives, figure de style cauchemardesque autour de la violence, Refn creuse à nouveau son sillon auteurisant s’éloignant d’un grand public pourtant conquis à sa cause depuis son sublime Drive.  Cette fois-ci, il a misé sur une narration limpide et facile à appréhender. Malheureusement, il se perd dans un dédale fantastique un peu fumeux, fait de scènes chocs qui ont plus tendance à faire sourire qu’à choquer même si elles sont réalisées avec délicatesse.

Féminisme maléfique. Tout ceci est maladroit, surtout que Refn enveloppe le film de dialogues au propos simpliste autour du vide de cet univers fait de strass et de paillettes. Mais il serait dommage de ne retenir que ce plaidoyer futile et de passer à côté de l’essentiel. The Neon Demon regorge de symboles psychanalytiques aussi édifiant autour de la femme et notamment autour de la peur qu’elle peut inspirer. Les hommes pensent mener le jeu, mais en réalité ils se trompent. A méditer (ou pas).

Marianne

Le film en bref : Un film d’horreur au féminin dont l’esthéthique mélange publicité contemporaine et giallo italien. Maladroit dans son propos, The Neon Demon captive toutefois dans sa symbolique autour de la peur de la femme.

Photo : ©The jokers

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