Critique : The Rover, de David Michôd

L’Australie, nouvel eldorado du cinéma ? Vous allez me dire ça n’a rien de nouveau mais force est de constater que le nombre de talents issus du pays des kangourous n’a pas faibli ces dernières années. Joel Edgerton (Gatsby, le magnifique), Chris Hemsworth (Thor), Jay Courtney (Divergente), Mia Wasikowska (Maps to the Stars) et maintenant un nouveau réalisateur : David Michôd. Ce cinéaste avait marqué les esprits en 2010 avec Animal Kingdom, un polar aussi hypnotique que dérangeant.

Il revient aujourd’hui par la grande porte cannoise avec un thriller postapocalyptique présenté en Séance de minuit. Et oui car le cinéma de genre a désormais ses entrées dans le plus grand festival du monde ! Mais The Rover est bien plus que ça. Lorgnant plus du côté du western que de l’univers néopunk de Mad Max dont il est le lointain cousin, le film possède plusieurs niveaux de lecture.

Le premier frontal et violent nous entraîne dans un monde dévasté par l’écroulement du système économique. Désormais les Chinois ont pris le pouvoir et l’Australie est devenue un no man’s land dont la seule valeur réside dans ses minerais. Dans cette terre brûlée, un homme (Guy Pearce, formidable) se fait voler sa dernière possession : sa voiture. Il n’a alors qu’une seule idée en tête la récupérer, à n’importe quel prix. Le frère de l’un des voleurs, abandonné à son sort, va lui fournir une aide inespérée. Ce dernier est interprété par un Robert Pattinson éblouissant. Il épate en idiot du village, aussi maladroit que terriblement humain.

La deuxième lecture est plus philosophique. Michôd nous plonge dans un monde où le nihilisme semble être la seule doctrine applicable. Du coup, les rebondissements s’enchaînent sans que l’on sache très bien où ils vont nous entraîner.

Moins fort qu’Animal Kingdom dont l’ambiance claustrophobique et urbaine vous hante encore des années plus tard, The Rover n’en est pas moins un film puissant, dont le message se distille petit à petit. Ce n’est que dans sa scène finale, aussi inattendue qu’émouvante, que les motivations de cet antihéros prennent tout leur sens. Méfiez-vous des apparences, elles sont toujours trompeuses !

Marianne

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