Critique : The Ryan Initiative, de Kenneth Branagh

Jack Ryan est de retour. Soit le héros de Tom Clancy, popularisé au cinéma par Alec Baldwin (A la poursuite d’Octobre rouge), Harrison Ford (Jeux de Guerre et Danger Immédiat) et Ben Affleck (la Somme de toutes les peurs). Ouf ! Cette fois ci, c’est Chris Pine (Star Trek into Darkness) qui s’y colle.

Signe des temps, il ne s’agit pas d’une suite mais d’un reboot. Si l’on veut être tatillon, The Ryan Initiave est même une Origin Story. Mais c’est surtout la première fois que le célèbre agent de la CIA vole de ses propres ailes, puisque ce nouveau chapitre n’est pas tiré d’un roman de Clancy.

Malheureusement, il n’est pas sûr que cette liberté narrative soit ce qui soit arrivé de mieux à Jack Ryan. Certes le scénario est ancré dans une actualité géopolitique contemporaine (le 11 septembre, le conflit afghan, les résurgences impérialistes de la Russie), mais l’intrigue file sur les grands rails de l’Actionner Movie. Un héros avec des faiblesses. Une menace terroriste. Des tueurs à gages. Des courses-poursuites. Ne cherchez pas une trame à tiroir ou un twist… il n’y en a pas. Quant à la petite amie médecin (pourtant interprétée par la douce Keira Knightley)… elle remplit son office de faire-valoir avec méthode. Moi qui pensais naïvement que ce genre de rôle féminin était en voie de disparition.

Seule petite once d’originalité, avoir fait du système financier le vrai nerf de la guerre entre les deux pays. Enfin rassurez-vous, Jack Ryan devra tout de même empêcher une bombe de sauter. On est dans un film d’action, pas dans Margin Call.

Au milieu de cette efficacité à toute épreuve, Kenneth Branagh a malgré tout tenté d’introduire un peu de subtilité shakespearienne. Un exemple ? La scène de combat empreinte d’une violence froide dans une chambre d’hôtel. Le résultat visuel est autant opératique que glaçant. La première apparition du méchant, filmé de dos, est aussi particulièrement savoureuse. Impossible de ne pas penser à James Bond. Surtout que ce n’est pas la seule référence que le film contient (ne manquez pas le clin d’œil final). Seulement Jack Ryan aurait sérieusement besoin de développer son humour pour se hisser au rang de l’espion préféré de Sa Majesté !

Reste le charme immuable de Chris Pine. Dès la scène d’ouverture, alors que son regard bleu acier observe le ciel, on sait déjà qu’il a la carrure du parfait Jack Ryan contemporain. Avec un vrai scénario, la prochaine fois, ça devrait faire des étincelles.

Marianne

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