Critique : The Two Faces of January, de Hossein Animi

Il suffit de quelques secondes au spectateur de The Two Faces of January pour se rendre à l’évidence : l’ombre d’Alfred Hitchcock se cache dans chaque recoin de ce long métrage. D’abord la blonde, faussement innocente, incarnée par Kirsten Dunst (Upside Down). Ensuite la musique lancinante qui rappelle les meilleures compositions de Bernard Herrman. Enfin l’image délicieusement surannée et les décors exotiques qui font songer à l’Homme qui en savait trop ou la Mort aux trousses.

Mais le réalisateur anglais n’est pas la seule référence du film de Hossein Animi. Le scénariste de Drive semble également avoir revu en boucle une autre adaptation de la romancière Patricia Highsmith : le Talentueux Monsieur Ripley, d’Anthony Minghella. Il y règne la même ambiguïté trouble entre les deux personnages principaux. Et la même ambiance malsaine. Comme ses maîtres, Hossein Animi préfère les longs regards appuyés aux longues explications ennuyeuses. Viggo Mortensen (Sur la route, bientôt dans Jauja) et Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis et bientôt dans Star Wars Episode VII) en savent quelque chose. Il truffe aussi son film de symboles mythologiques et de références œdipiennes.

Et c’est dans ces non-dits que réside toute la pertinence du film. Car l’intrigue reste finalement trop classique. Et les personnages semblent appartenir à des archétypes d’une autre époque. En développant un peu plus cette approche purement symbolique ou en inventant une problématique contemporaine, Amini aurait donné un peu plus d’originalité à son oeuvre.

Il n’en reste pas moins que The Two Faces of January dégage un charme désuet désarmant qui rappelle une époque où le cinéma préférait l’élégance aux excès en tout genre.

Marianne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *