Critique : This is not a love story, de Alfonso Gomez-Rejon

Le cinéma indépendant américain réserve parfois de jolies petites pépites. This is not a love story (Me, Earl and the dying girl en V.O.) d’Alfonso Gomez-Rejon en est une. Ce teen-movie intelligent se présente en quelque sorte comme un anti Nos étoiles contraires . Le point de départ semble pourtant identique : Greg, lycéen introverti, va passer du temps avec Rachel, une ancienne camarade atteinte de leucémie. Mais promis, ce n’est pas une histoire d’amour… enfin pas tout à fait !

Jouer avec les codes. Alfonso Gomez-Rejon prend un malin plaisir à dynamiter les codes du film pour adolescents. Le film est raconté entièrement du point de vue de Greg (Thomas Mann vu dans Projet X et Hansel & Gretel) qui revient sur son année mouvementée de terminale. A commencer par son couple de héros. Le premier avec son physique passe-partout et sa volonté farouche de passer inaperçu se révèlera un vrai trésor d’humour et de créativité. Quand à sa dame aux camélias (La pétillante Olivia Cooke vu dans Bates Motel et prochainement dans le film de science-fiction de Steven Spielberg Ready Player One), elle n’attend pas d’être sauvée par un prince charmant. Entre les deux, une sorte d’amitié amoureuse va s’installer. Mais ce n’est pas vraiment le sujet. Le plus important c’est en quoi cette relation va permettre à Greg d’évoluer dans sa vie…

Créatif ! Mais ce qui permet à This is not a love story de se démarquer de la production actuelle reste sans conteste son ultracréativité. Elle est partout dans le cadre, dans les dialogues et surtout dans la multitude de petits détails qui rendent le film unique. Ainsi Greg et son meilleur ami Earl (La révélation R.J. Cyler) passent leur temps à tourner des courts métrages, des parodies des plus grands films de Orange Mécanique à Elephant Man. Cette succession de petites vidéos rigolotes (qui n’est pas sans rappeler les films suédés de S’il vous plaît rembobinez de Michel Gondry) donne au long métrage une vraie couleur. Mais ce n’est pas tout, Rachel se révèlera à sa façon également très créative avec une paire de ciseaux (je vous laisse la surprise de ses œuvres).

10 sur 10. A cette imagination débordante, le filme ajoute une narration  rythmée, des dialogues souvent hilarants, un casting au diapason (Jon Bernthal, Connie Britton…) des personnages secondaires bien écrits (un fait de plus en plus rare dans les films d’aujourd’hui) et une bande originale qui pulse. Cerise sur le gâteau, l’émotion finit par s’inviter sans qu’on y prenne gare. Franchement, c’est difficile de trouver un film pour adolescents plus cool !

Marianne

Le film en bref : La danse adolescente dans ce qu’elle a de plus charmant, entre doute, espoir et embarras. Une bonne petite surprise venue du cinéma indépendant américain porté par des jeunes acteurs à suivre.

Photo : © 2015 Twentieth Century Fox.

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