Critique : Un amour d’hiver, d’Akiva Goldsman

Délicates amours tragiques et intrigue fantastique émouvante : Un amour d’hiver réunit ces deux éléments en un ballet ponctué de cruauté. Les esprits chagrins trouveront sans aucun doute que le film manque de puissance et le jugeront probablement simpliste. Mais c’est justement la limpidité naïve du long métrage qui en fait un conte aussi touchant que délicieux. Cyniques s’abstenir !

Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Akiva Goldman (un des scénaristes de Divergente) a choisi d’adapter le roman éponyme de Mark Helprin publié en 1983. Il avait ce projet en tête depuis plusieurs années mais ce n’est qu’à la mort de son épouse qu’il se recentre sur le sujet pour fuir sa douleur. Et même si on l’ignore en découvrant le film on ressent quelque chose de l’ordre de la réparation. On devine qu’un deuil hante le film pour mieux l’imprégner de douceur mélancolique. Ce qui impose de prendre le film pour ce qu’il est : un conte sans fées dans lequel les princesses ne se réveillent pas toujours quand on les embrasse. Mais où l’existence finit malgré tout par trouver du sens.

Colin Farrell est parfait dans ce rôle de voleur au grand cœur, ce qui confirme que l’Irlandais n’est jamais aussi bon que dans des « petits » films comme Dead Man Down, Ondine, 7 Psychopathes ou London Boulevard. Jessica Brown Findlay est délicieuse dans le rôle de Beverly sublime tuberculeuse avide de brûler ses dernières heures de vie. Russell Crowe excelle en démoniaque gangster (aussi teigneux que dans les Misérables) tout comme Will Smith en Lucifer.

Les impeccables vêtements – dont les superbes robes, lingeries et chapeaux de Beverly – sont l’œuvre du chef costumier Michael Kaplan qui a travaillé aussi bien avec J.J. Abrams pour Star Trek  : Into Darkness et Star Wars Episode VII qu’avec David Fincher pour entre autres Seven ou Fight Club.

Caleb Deschanel, le directeur de la photographie, a lui aussi collaboré à de nombreux films tel Jack Reacher, de Christopher McQuarrie dont l’atmosphère particulière tenait pour beaucoup à la qualité subtile de l’image. Pour peu que l’on y prête attention, on retrouvera cette magie spécifique dans Un amour d’hiver.

Laurence

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