Critique : Un homme idéal, de Yann Gozlan

Yann Gozlan doit être un admirateur de Patricia Highsmith. Car son Homme idéal semble tout droit sorti des pages d’un roman de la célèbre auteure britannique. Impossible notamment de ne pas penser à Plein Soleil de René Clément. Le rapport de classe, la blonde hitchcockienne, le mensonge aliénant et cette ambiance ouatée et poisseuse à la fois, rien ne manque.

Gozlan a le sens du cadre. Il compose un thriller élégant, multiplie les sous-entendus et s’amuse même avec la réalité. Mais surtout, il manie avec intelligence le jeu du chat et de la souris. Ou plutôt le jeu de la souris qui voit l’étau se refermer inéluctablement sur elle.

Si la mise en scène est une réussite, le scénario se contente d’une trame un peu trop classique. Il n’y a rien dans cette histoire décrivain raté qui s’approprie le manuscrit d’un autre qu’ on ne voit pas venir à l’avance. De la fille qu’il aime un peu trop, aux menaces de son agent littéraire en passant par l’arrivée du corbeau… le chemin semble un peu trop balisé.

Cela n’empêche pas le suspense de fonctionner. Et les acteurs, Pierre Niney (Yves Saint-Laurent) et Ana Girardot en tête, interprètent leur partition à la perfection. Même les seconds rôles, souvent sacrifiés dans les films de genre, ne se contentent pas d’être de simples faire-valoir.

Et puis malgré cet excès de classicisme, Gozlan sauve la mise en proposant une fin originale que l’on avait pas vu venir. Un choix étonnamment assez romantique.

Les écrivains sont peut-être des menteurs géniaux mais les cinéastes préfèrent l’art de la prestidigitation. Les deux sont indispensables.

Marianne


Photo : © Mars Distribution

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