Critique : Under the Skin, de Jonathan Glazer

Jonathan Glazer aime l’étrangeté. Entre ses doigts, le fantastique n’est qu’un prétexte à l’exploration des tréfonds de l’âme humaine. Ici une extraterrestre est chargée d’attirer dans sa toile mortelle de pauvres bougres. Ils finiront mal. Très mal. Leur crime ? La concupiscence.

Il faut dire que Jonathan Glazer a un autre péché mignon : les jolies femmes. Après Nicole Kidman (Stoker) dans Birth, il sublime Scarlett Johansson (Her, Don Jon) dans Under the skin. Mi-poupée, mi-démon, l’actrice semble tout droit sortir d’une autre dimension. Tout en chair, elle incarne une certaine idée de la femme fatale. Une femme qui n’aurait pas encore pleinement pris possession de son corps.

Under the Skin hypnotise autant qu’il dérange. Certaines scènes sont même assez éprouvantes psychologiquement. C’est une sorte de film d’horreur expérimental, où les sens du spectateur sont mis à rude épreuve. Entre une musique lancinante et obsédante et des séquences qui alternent entre l’épure clinique et une réalité sociale morose, le voyage sera aussi chaotique qu’énigmatique. Car cette quête n’a pas de sens. Birth utilisait le mystère comme un vrai ressort narratif, ici le cinéaste se contente de poser son univers inquiétant sans répondre à aucune question. Là n’est pas le propos…

On rentre dans Under the skin avec une scène fantasmagorique, qui rappelle presque les films de science-fiction des années 60 et on en sort par une scène d’une banalité tragique. Etrange, je vous le disais, mais la persistance rétinienne, après la vision du long métrage, est assez tenace. Je vous le garantis.

Marianne

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