Critique : Une promesse, de Patrice Leconte

De la comédie populaire à la romance en noir et blanc en passant par le pastiche policier et même l’animation, Patrice Leconte est certainement l’un de nos réalisateurs français les plus touche-à-tout. Avec Une promesse, il s’attaque à l’adaptation d’un livre de Stefan Zweig. En anglais. On ne va pas vous mentir, on a déjà trouvé le réalisateur de Ridicule et de la Fille sur le pont plus inspiré.

Certes les décors et les costumes sont parfaits. La mise en scène est élégante. Mais on a l’impression que le cinéaste est un peu passé à côté de son sujet : rendre cette passion non assouvie palpable. Dans l’ambiance feutrée de la bourgeoisie allemande du début du XIXe siècle, tout se joue dans les gestes et les regards. Mais Patrice Leconte ne sort pas assez de son cadre corseté. Ses personnages semblent comme figés dans leur histoire, comme si l’époque et les conventions n’avaient aucune prise sur eux. Alors que c’est le contraire, elles sont la cause de leur renoncement. Dans le même genre, Jane Campion avait tellement fait mieux avec son magnifique Bright Star !

Reste, heureusement, la douceur de l’ensemble et la joie de retrouver Richard Madden, loin des contrées sauvages de Game of Thrones. Son personnage d’assistant trop sage est à des années-lumière de celui du valeureux Robb Stark. Joli contre-emploi ! Rebecca Hall (Iron Man 3) et le toujours génial Alan Rickman (vu récemment dans le Majordome) livrent également de belles performances. Un soupçon de folie supplémentaire aurait été le bienvenu, mais le film ravira certainement les amateurs de drames en costumes.

Marianne

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