Critique : Upside Down, de Juan Solanas

Upside Down semblait un pari cinématographique un peu fou, voué dès le départ à l’échec. Rien que le titre donnait déjà un peu mal au coeur à l’idée d’être sens dessus dessous pendant une heure et quarante-cinq minutes. Mais Juan Solanas tient son pari et l’emporte même largement. Ce long métrage est de loin le plus romantique, le plus poétique, le plus visuellement éblouissant qui ait été tourné depuis longtemps.

Par sa sensibilité, Upside Down réussit également à être une fable politique et écologique sans quasiment le mentionner. Et à faire l’éloge de l’amitié. Le tout sans grandes courses poursuites, sans bagarres spectaculaires. Juste avec une certaine naïveté au sens fort du terme. Avec une certaine pureté.

Juan Solanas a su créer de toutes pièces un univers visuel étourdissant aux airs faussement surannés dans lequel il met en scène deux amoureux, Adam Kirk (Jim Sturgess, Cloud Atlas, les Chemins de la liberté) et Eden Moore (Kirsten Dunst, Sur la route, Marie-Antoinette) séparés par deux mondes mais surtout par l’avidité et la cruauté des hommes. Ils s’aiment au premier coup d’oeil et ils sont si touchants que  le spectateur s’attache à eux avant même de savoir qui ils sont. Sous réserve expresse qu’il ait conservé une dose de naïveté et ses capacités d’émerveillement (ce qui ne semble malheureusement pas être le cas des critiques qui ont presque tous éreinté le film), il tremblera pour eux, se réjouira pour eux, se révoltera pour eux. Il s’émerveillera de leur amour aérien dans les nuages. Et voudra comme eux aller danser le tango au Café dos Mundos…

A noter que la tendance des génériques très travaillés semble se confirmer : comme Hansel et Gretel, chasseurs de sorcières et Oz, Upside Down s’ouvre sur un superbe travail d’animation qui introduit tout de suite le spectateur dans cet univers de rêve et de cauchemar.

Laurence

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