Critique : White Bird, de Gregg Araki

Avec sa bouille d’éternel jeune homme, on en oublierait presque que Gregg Araki a plus de 50 ans. Surtout que le monsieur a une sérieuse tendance à explorer avec frénésie toutes les déviances de l’adolescence. Jouissif (Kaboom), délirant (Doom Génération) ou tendancieux (Mysterious Skin), son cinéma ressemble globalement a un gros trip sous acide.

Mais pas White Bird. Signe de maturité ? Oui et non. Shailene Woodley (Divergente, Nos Etoiles contraires) y incarne tout de même une adolescente perturbée (mais pas trop) par la disparition d’une mère hystérique. Mais le cinéaste y développe un univers franchement plus apaisé que dans le reste de sa filmographie.

Si on retrouve bien la folie chromatique dont il est friand (le film se situe dans les années 80), White Bird préfère jouer la carte du mystère. Rêves prémonitoires, flash-back, séance chez le psy… le spectateur comme la jeune héroïne est plongé dans un flou artistique intrigant. Peu à peu ce voile se dissipe et le polar prend le dessus sur le mélodrame à la Douglas Sirk.

Les deux figures féminines du long métrage, Shailene Woodley et Eva Green (Sin City 2) sont pour beaucoup dans le charme unique que dégage le film. La première y tient certainement son rôle le plus adulte. Quant à la deuxième, elle est bluffante dans la peau d’une Bree Van de Kamp aigrie.

Au final White Bird n’est peut-être pas révolutionnaire, mais il dégage une sincérité touchante que l’on aimerait bien que le cinéaste continue d’explorer dans ses prochains films. Après tout ce nouveau cocktail sexe, mystère et pop des années 80 fonctionne plutôt pas mal.

Marianne

Photo : © Why Not Productions – Desperate Pictures

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