Critique : White House Down, de Roland Emmerich

Roland Emmerich n’a peur de rien. Depuis vingt ans, son nom est inscrit en lettres d’or dans la catégorie « films de destruction massive ». Godzilla, Independance Day, Le Jour d’après… rien ne semble lui résister. La subtilité n’est pas son fort, mais question divertissement il en connaît un rayon. Après une récente incursion dans le drame historique avec Anonymous (vrai-faux biopic sur Shakespeare), le roi du Kaboom fait son grand retour avec White House Down.

Le pitch tient en une phrase. Suite à une prise d’otages à la Maison blanche, John Cale, agent de sécurité de seconde zone, se retrouve malgré lui le seul à pouvoir protéger le Président. Un homme seul, face à une bande de terroristes armés jusqu’aux dents, ça ne vous rappelle rien ? White House Down revient aux fondamentaux des films d’action made in 80’s et 90’sPiège de cristal, l’Arme fatale, Speed… On y retrouve cette même adrénaline teintée d’humour et de situations aussi spectaculaires qu’invraisemblables (oui, le président des Etats-Unis a un lance-roquettes dans chacune de ses limousines et oui, il sait s’en servir !).

Roland Emmerich joue clairement la carte de l’hommage, en particulier à la saga Die Hard. Son héros s’appelle John Cale (référence au John McClane immortalisé par Bruce Willis), il porte un marcel blanc et il affectionne les bouches d’aération et autres cages d’ascenseur. Channing Tatum (Effets secondaires) est à l’aise dans le costume de l’anti-héros, même si on l’aurait aimé un poil plus expressif. Jamies Foxx (Django Unchained) s’amuse dans le rôle d’un Obama en baskets, inflexible sur ses positions.

Et près de vingt ans plus tard, la formule fonctionne toujours. Pendant la première heure du film, tous ceux qui ont grandi dans les années 80 retrouveront avec plaisir les codes du genre. De la mise en place explicative au personnage principal qui se débat pour rendre sa fille fière de lui, sans oublier le traître identifiable en quelques secondes, les méchants bêtes et cruels et un contexte politico-économique actuel : tout y est. A une exception près : la violence y est largement épurée. Signe des temps…

Malheureusement, dans sa deuxième partie, le scénario tire un peu en longueur et se noie dans un propos sentimentalo-patriotique. La petite Joey King (Le Monde fantastique d’Oz), bien que mignonne, finit par être agaçante à force de pleurnicher tout le temps.

A ce petit jeu-là, Roland Emmerich s’en sort tout de même mieux que Besson et son écurie qui avaient tenté la même chose avec Lock Out (une pâle copie, sans âme). Il surpasse même les deux dernières suites catastrophiques de la saga Die Hard qui avaient perdu toutes traces de sens de l’humourPas si mal pour un film de pur entertainment.

Marianne

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