Critique : Wind River, de Taylor Sheridan

Dans une réserve indienne du Wyoming, le corps sans vie d’une jeune fille est retrouvé dans la neige. Une jeune agent du FBI est dépêchée sur place. Elle va faire équipe avec le pisteur local pour élucider ce mystère. Le pitch de Wind River est accrocheur. Et en mêlant contexte social et trame policière, Taylor Sheridan (scénariste de Sicario et Comancheria) signe un polar efficace perdu dans l’immensité de la nature sauvage.

Rouge et Blanc. Ce qui frappe d’abord dans Wind River c’est la grandeur des paysages. Au fin fond du Wyoming, la nature fait régner sa loi. Le travail de Cory Lambert (Magnifique Jeremy Renner) consiste justement à tenter de contrôler cette nature. Taylor Sheridan, dont c’est la première expérience derrière la caméra, a bien compris la force des images. Même si son symbolisme pictural est parfois un peu trop appuyé (comme dans la scène d’ouverture qui voit des brebis encerclées par des loups), il réussit à faire des paysages un vrai personnage de son film.

L’ennui et des femmes. Wind River est un polar social qui s’intéresse à l’une des communautés les plus laissées pour compte des Etats-Unis, les Amérindiens. Au travers de cette jeune femme retrouvée morte de froid, le cinéaste ausculte les ravages de l’isolement et du manque de perspectives. Mais surtout le film soulève la banalité des violences faites aux femmes.

Le qui et le comment. Dans un polar, le « whodunnit » (Qui l’a fait ?) est souvent ce qui tient en haleine le spectateur. Mais dans Wind River, le comment est sans doute le plus important. Surtout que la révélation est introduite de manière originale rendant encore plus tragique la mort de la jeune femme. Cette séquence révèle tout le talent dramaturgique de Sheridan et fait de ce premier essai derrière la caméra une vraie réussite.

Marianne

Le film en bref : Pour sa première réalisation, Taylor Sheridan signe un polar social puissant au milieu des étendues sauvages américaines. On aime autant la thématique, les violences faites aux femmes, que la narration contemporaine.

 

 

Photo : © Metropolitan FilmExport

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