Critique : Wolverine, le combat de l’immortel, de James Mangold

Commençons par une bonne nouvelle. Wolverine, le combat de l’immortel est le premier blockbuster de l’été 2013 à ne pas tenter de noyer le spectateur sous un torrent d’explosions à répétition tous les quarts d’heure ! (Même si la scène d’ouverture en contient une assez réussie…) Le début des aventures du mutant aux griffes en adamantium se veut même assez introspectif. Redevenu un loup solitaire, Wolverine est hanté par les fantômes de son passé. Il commence à vivre son immortalité comme une malédiction…

Que les fans d’action se rassurent. Cette période post-traumatique sera de courte durée. Le destin funeste d’un grizzli (le temps d’une très jolie scène) suffira à lui faire reprendre du poil de la bête. Le voyage au Japon qui s’en suivra alternera les scènes d’action chorégraphiées et les moments suspendus entre Wolverine et sa nouvelle amoureuse, Mariko. Derrière la caméra, James Mangold (Copland, Walk The Line) maîtrise les changements d’angle et de rythme entre ces deux univers. La course poursuite qui prend place dans un (faux) décor urbain nippon est remarquable avec ses flous volontaires tandis que la romance se déroule dans un cadre plus bucolique.

Grâce à cette rythmique narrative, Wolverine prend le temps d’exister à l’écran. Sa force brute y est exposée autant que ses faiblesses. Hugh Jackman (Les Misérables) parvient à ne pas se répéter, alors même qu’il revêt les habits du mutant pour la sixième fois. La jeune Yukio (Rila Fukushima), mutante au pouvoir psychique perturbant, est un parfait contre poids sensible à notre héros torturé. En fait ce personnage se révèle si attachant qu’elle fait de l’ombre à la trop sage Mariko (Tao Okamoto), pourtant dulcinée officielle…

Pour le reste Wolverine, le combat de l’immortel ne prend pas beaucoup de risques et s’appuie sur des retournements de situations en cascade (plus ou moins prévisibles) et un florilège de méchants… totalement transparents. Avec Vipère, la doctoresse insipide, les scénaristes frôlent même le ridicule. Non seulement, les spectateurs ne découvriront jamais les motivations de ce personnage mais en plus, la pauvre est affublée pendant tout le film de costumes outranciers, tout droit sortis d’un comics des années 60. Une vraie erreur de direction artistique puisque l’ambiance générale du long métrage se veut justement réaliste et contemporaine. Moralité, n’est pas Christopher Nolan qui veut !

Ça mérite d’être clair : Spin-off, suite, reboot… ?  Wolverine, le combat de l’immortel s’inscrit dans une courbe narrative périlleuse pour qui n’aurait pas suivi les épisodes précédents. Le plus célèbre des mutants a déjà eu droit à une aventure solo en 2009. Le très oubliable Wolverine, les origines signé Gavin Hood revenait sur la genèse du personnage et se situait donc avant les évènements de la trilogie X-Men initiée par Bryan Singer dans les années 2000. Le Combat de l’immortel, au contraire, est la suite directe de cette même trilogie et sert de transition avec le deuxième épisode de la seconde trilogie X-Men (débuté en 2011 avec X-Men le commencement de Matthew Vaugh). Vous suivez ? La scène post-générique est donc une introduction à X-Men, Days of the Future Past que cornaque à nouveau Bryan Singer. Un long métrage annoncé pour 2014 et qui mélangera les personnages des deux trilogies !

Marianne

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