Critique : World War Z, de Marc Foster

Brad Pitt dans un film de zombies ? Pourquoi pas. A 50 ans, l’acteur américain a voulu s’accorder une petite pause récréative dans une carrière remplie, ces dernières années, de films d’auteurs et de réalisateurs virtuoses. Il a jeté son dévolu sur l’adaptation d’un roman signé Max Brooks, auteur passionné par le sujet puisqu’on lui doit aussi le Guide de survie en territoire zombie. 

World War Z nous entraîne dans un monde dévasté par un virus fulgurant, transformant en quelques secondes tous les humains en morts-vivants. Rien de vraiment neuf me direz-vous ? Sauf que le parti-pris du bouquin (et du film dans une moindre mesure) repose sur le rôle pivot d’un agent de l’ONU (Gerry/Brad Pitt) chargé de recueillir les témoignages des survivants à travers le monde. Des voyages qui vont surtout lui permettre de trouver un moyen d’endiguer cette épidémie.

Que les amateurs de gore soient prévenus. Le réalisateur Marc Foster (Neverland, Quantum of Solace) a voulu faire un divertissement tout public. Ne vous attendez donc pas aux hectolitres d’hémoglobine et autres viscères dégoulinantes si chères aux fans de The Walking Dead.  Au lieu de cela, les zombies version Max Brooks se contentent d’être incroyablement agiles et rapides (oui, vous avez bien lu). En apparence, on peut trouver l’idée originale, tant les zombies dans l’imaginaire collectif sont des êtres acharnés mais d’une lenteur légendaire. La transmission de la maladie en quelques secondes donne lieu à des scènes de foules dantesques et spectaculaires. Malheureusement, filmées en plan large, souvent dans la pénombre ou avec des mouvements de caméras vifs, elles perdent en lisibilité. Comment le spectateur pourrait-il être effrayé par quelque chose qu’il n’a pas le temps de saisir ? A peine se sentira-t-il épuisé par cette surenchère d’adrénaline…

C’est uniquement dans le dernier quart du film que Marc Foster semble reprendre les rênes de sa mise en scène et de son histoire. Soudainement, sa caméra se pose. Les couloirs du bâtiment de l’OMS offrent le cadre idéal à un huis-clos haletant. Ces zombies plus calmes commencent seulement à devenir effrayants. La solution à l’épidémie, maligne sans révolutionner le genre, a le mérite de bien fonctionner à l’écran.

Malgré ce dernier sursaut, World War Z reste un divertissement sans vraie ambition, ni propos (en dehors de son prologue écologique), sauvé par ses acteurs. Brad Pitt semble visiblement s’amuser, Mireille Enos (The Killing, Gangster Squad), bien qu’un peu sous-exploitée, reste excellente et la jeune actrice israëlienne Daniella Kertesz (Seguen) arrive à être émouvante. C’est sûr, nous la reverrons !

Marianne

Un film qui promet beaucoup mais qui ne tient malheureusement pas ses promesses, voilà ce qu’est au final World War Z. Après un début classique, mais pas inintéressant, où l’on est plongé d’emblée dans une panique chaotique tout à fait vraisemblable, le long métrage déçoit par une scène en Corée qui pourrait se situer n’importe où ailleurs. Par la suite, il se reprend plutôt bien avec les séquences à Jérusalem, avant de perdre du rythme en Irlande… La guerre pourrait alors commencer, mais c’est justement là où le film s’interrompt sur une fin qui bâcle en quelques plans les combats que l’on attendait de voir. L’enquêteur de l’ONU, Gerry Lane (Brad Pitt, Cogan, prochainement dans The Counselor de Ridley Scott), est un personnage assez sobre, au passé intéressant et ne cherchant pas à jouer les héros à tout prix. Mais qui trouve la solution à la crise en deux temps trois mouvements de façon improbable. L’enquête et le suspense s’en trouvent réduits à néant. Si l’on ajoute à cela le rôle sans intérêt de son épouse qui se contente d’attendre en veillant sur les enfants (Mireille Enos, totalement inemployée) et un épisode en avion invraisemblable… il ne reste pas grand-chose à défendre de World War Z.

Certes, indéniablement, on passe un moment pas désagréable et les zombies ont plutôt du caractère. Mais l’esprit très politique qui faisait l’originalité du livre de Max Brooks est perdu. L’on sort floué d’avoir suivi Gerry dans un tour du monde réduit à si peu. A moins qu’un second film vienne compléter ce demi-long métrage et atténuer la déception comme l’a promis le vice-président de Paramount au vu des premiers résultats qui explosent le box office international dès le premier week-end d’exploitation en salles avec presque 112 millions de dollars de recettes ?

A voir pour se distraire, sans en espérer trop, et pour le charme inentamé par les années de Brad Pitt. Et pour être une fois de plus prévenu qu’il faut mieux se préparer pour la fin du monde qui, sous une forme ou une autre, ne va pas manquer de survenir. Car comme le clamait déjà en 1995 John Trent (Sam Neil), le héros de John Carpenter dans L’Antre de la folie : « une espèce sent sa fin venir ».

Laurence

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