Critique : X-Men : Apocalypse, de Bryan Singer

 » On est d’accord, le troisième épisode est toujours le pire.  » Cette citation, pleine d’ironie, est issue de ce troisième volet des nouvelles aventures des X-Men. Si on apprécie le clin d’œil et la mise en abyme, on ne peut s’empêcher de penser que cet Apocalypse manque un peu de panache par rapport aux épisodes précédents. Pourtant, il possède encore un argument de poids : des personnages charismatiques dont on ne se lasse pas de suivre les nouvelles aventures. 

Une Apocalypse en demi-teinte. Avec la mode des super-héros, il devient de plus en plus difficile pour les créatifs de trouver des scénarios originaux. Apocalypse est déjà le sixième film mettant en scène les célèbres mutants (c’est même le huitième si on compte les aventures solo de Wolverine). Après les péripéties spatiotemporelles de Days of the Future Past , les scénaristes ont donc opté pour le méchant ultime : Apocalyse (méconaissable Oscar Isaac). Soit le premier mutant de l’histoire persuadé qu’il est un dieu. Soyons franc, ce bad guy mégalo, avec son physique peu avantageux, n’a pas l’envergure des némésis déjà croisés dans la saga. Pourquoi ? Tout simplement parce que même s’il est particulièrement fort, il n’a pas l’ascendant psychologique d’un Sebastian Shaw (Kevin Bacon dans First Class) ou l’ambiguité d’un Bolivar Trask (Peter Dinklage dans DOFP).

Des personnages familiers. Malgré ce méchant un peu binaire, X-Men Apocalypse se distingue grâce à sa galerie de personnages. Ce troisième volet fait le trait d’union entre l’ancienne génération et la nouvelle. On y retrouve donc avec un certain plaisir certaines figures mythiques qui font ici leurs premiers pas comme Jean Grey (parfaite Sophie Turner échappée de Game of Thrones), Cyclope (Tye Sheridan vu dans Mud de Jeff Nichols et Joe de David Gordon Green) ou encore Tornade. Déjà repéré dans l’épisode précédent Le vif d’argent (Evan Peters) est à nouveau au centre d’une nouvelle séquence mythique qui prouve à elle toute seule toute l’ingéniosité de Bryan Singer. On est par contre plus circonspect sur le cameo de Wolverine (Hugh Jackman) réduit au statut de bête féroce…

Famille dysfonctionelle. Mais le plus réussi dans ce X-Men reste les liens qui unissent les personnages. La bromance entre Xavier et Magneto conserve cette dimension shakespearienne unique. Et elle se renforce dans ce troisième volet avec la constitution d’une famille de mutants complètement dysfonctionnelle mais que l’ on ne peut s’empêcher d’aimer. C’est sûr, on sera toujours présents dans les suites à venir même si on espère cette fois-ci un scénario plus ambitieux…

Marianne

Le film en bref : Un troisième volet qui manque un peu de mordant question grand méchant mais qui peut compter sur des personnages forts dont on adore suivre l’évolution depuis toutes ces années, un peu comme les personnages d’une excellente série télé.


Photo : © 20th Century Fox

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