Critique : X-Men : Days of Future Past, de Bryan Singer

Bryan Singer l’a fait. Il a enfin repris les rênes de sa saga culte : les X-Men. Certes Matthew Vaughn avait déjà relancé la franchise avec talent, mais seul le créateur originel pouvait relever le défi narratif de ce X-Men : Days of Future Past. Car ce nouvel épisode joue allègrement avec les courbes du temps. Ici le passé et futur s’entremêlent pour créer un univers cohérent. Et ça fonctionne.

Au-delà du plaisir de voir réuni, dans un même film, une grande partie du casting d’origine avec la nouvelle troupe, le long métrage propose surtout une redistribution des cartes. Les relations entre les personnages prennent une nouvelle dimension. Mieux, les frontières traditionnelles entre les méchants et les gentils sont plus que jamais floues. Magneto (Michael Fassbender et Ian McKellen tous les deux impériaux), Mystique (Jennifer Lawrence toujours aussi flamboyante) ou encore Professeur X (James McAvoy et Patrick Stewart, parfaits) mènent la danse. Mais même les mutants secondaires (petits nouveaux et anciens) arrivent en peu de scènes à nous émouvoir. Et Omar Sy ? Disons qu’il ne dénote pas avec le reste de la distribution, mais son peu de présence à l’écran ne permet pas de juger pleinement de son potentiel.

L’autre réussite de Bryan Singer et de son équipe, c’est d’avoir réussi à alterner les séquences spectaculaires et les moments d’émotions. Nul besoin comme dans Avengers ou dans Man of Steel  d’une explosion épique toutes les 10 minutes pour maintenir l’intérêt des spectateurs. Car les enjeux humains sont tout aussi palpitants. Sans oublier le sous-texte politique qui dans les X-Men est toujours un temps fort du récit.

La coexistence des deux timelines est développée avec finesse.  L’univers apocalyptique froid et désespéré contraste plus que jamais avec le monde coloré des années 70. Dans la dernière demi-heure, le montage alternatif est un coup de maître. Autant visuellement que narrativement.

Bien sûr, quelques petits regrets persistent. Devant le nombre impressionnant de personnages à l’écran, on est un peu frustrés par le manque de développement (voire de présence) de certains. On regrettera par exemple que le Vif-Argent (Evan Peters vu dans la série American Horror Story) ne prenne pas plus de place dans l’aventure. Aussi drôle que frondeur, ce mutant ultrarapide est le centre de l’une des scènes les plus vertigineuses du long métrage. De plus ,bizarrement, nulle référence n’est faite au récit ou au personnages du spin-off sur Wolverine. Dommage.

Enfin, l’utilisation de la 3D déçoit. Intelligemment gérée dans Captain America et dans Spiderman,  elle fait office ici de gadget inutile. Mais on ne peut pas vraiment en vouloir à Bryan Singer. Dans X-Men : Days of Future Past... le temps a largement pris le pas sur l’espace. 

Marianne

Bon à savoir : dans le comics, le Vif-Argent n’est autre que le fils de Magnéto. Si vous avez été attentif, une petite remarque en fait état dans X-Men : Days of Future Past. Or ce personnage apparaîtra également dans le prochain Avengers : Age of Ultron. Joué par Aaron Johnson (vu dans Godzilla), il sera l’un des nouveaux super-héros du film de Josh Whedon prévu pour 2015. Il apparaît avec sa sœur Scarlet Witch (Elizabeth Olsen, Old Boy) dans l’une des scènes bonus de Captain America : le soldat de l’hiver.

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