Critique : You’re next, d’Adam Wingard

A Lost in Universes, nous ne sommes pas fans des slashers et autres films d’horreur pour l’horreur. En revanche si les haches, machettes et autres battes de base-ball sont mises au service d’un scénario futé, c’est une tout autre histoire. Et You’re Next, non content d’être drôle, peut de se vanter d’être malin. Vraiment.

L’intrigue est inattendue, l’angoisse bien présente. Les dialogues sont savoureux, les situations piquantes.Et, ce qui ne gâche rien, la critique idéologique de la famille américaine qui constitue le fonds de commerce de You’re next est féroce. Car après une introduction en forme de massacre gratuit, le film ne débute pour de bon que lorsque trois frères et leur sœur accompagnés de leurs petit(e)s ami(e)s rejoignent leurs parents dans la maison next door. Lors d’un dîner style Festen, les choses sérieuses commencent… A partir de là, Adam Wingard et son scénariste Simon Barrett s’en donnent à cœur joie, s’autorisent tout, ne respectent rien.

Autre point remarquable, c’est une jeune femme Erin (l’épatante Sharni Vinson) qui est l’héroïne de ce survival cynique et jouissif. On aime d’emblée ce personnage aux antipodes des pauvres demoiselles en détresse. Le trait de génie qui achève de séduire : les masques d’animaux arborés par les tueurs qui créent à eux seuls une ambiance surréaliste redoublée à certains moments par une excellence bande-son en boucle.

On aurait juste aimé un peu plus de subtilité dans la mise en évidence des tenants et des aboutissants de ce carnage intimiste et rythmé. Encore qu’il faut bien le reconnaître, cette absence de finesse cadre admirablement bien avec l’ambiance générale.

On ressort de You’re next en se promettent que cette fois c’est juré/craché : pour les prochaines vacances, on se l’offre ce stage de survie hardcore au fin fond de l’Arkansas… I won’t be next !

Laurence

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *