Critique: Zootopie, de Byron Howard et Rich Moore

Que l’on aime ou pas Disney, on doit bien reconnaître à la firme aux grandes oreilles une chose : elle a une capacité à créer des univers fantastiques qui peupleront l’imaginaire de générations d’enfants pendant des décennies. Ce Zootopie, dernier né des studios Disney fait particulièrement fort question univers puisqu’ils ont inventé une cité spectaculaire dans laquelle vivent en harmonie tous les animaux de la création. Avec ces couleurs chamarrées, ces différents mondes (la ville, la jungle, la neige…), cette mégalopole fascine immédiatement le spectateur qui rêve comme Judy, la petite lapine, d’en explorer les moindres recoins.

Buddy movie. Une fois l’univers posé, Zootopie nous dévoile son intrigue. Notre héroïne, Judy, lapine adorable de son état, n’a qu’un rêve : devenir policier. Mais à Zootopie, on la regarde de travers. Car la police ce n’est pas un travail pour une lapine ! Pour prouver à tous qu’elle a sa place dans les forces de l’ordre, elle va devoir collaborer avec un renard magouilleur et résoudre une affaire mystérieuse. Deux êtres mal assortis qui font équipe pour combattre le crime ? La formule n’est pas nouvelle mais le long métrage a une façon originale d’aborder le buddy movie, il invente le cop-show animalier !

Tolérance. Avec son scénario pas si prévisible, il contient son lot de rebondissements, Zootopie est surtout une ode à la tolérance et à la différence. Un petit peu comme dans l’excellente BD Blacksad de Canales et Guarnido, le film nous prévient contre les dangers liés aux préjugés ou encore à l’ostracisation d’une certaine catégorie de la population. Dans tous les cas, c’est la peur et le manque de connaissance qui crée ce genre de sentiments. Plein de bons sentiments Zootopie ? Peut-être mais en ces temps sombres où l’histoire ne fait que se répéter, rappeler aux enfants de ne pas crier avec les loups ne paraît pas être une si mauvaise idée.

Mise en abyme. Zootopie n’en oublie pas non plus d’être une comédie moderne qui joue avec les codes de son époque. Les références sont nombreuses et inattendues (Le Parrain, Breaking Bad, Godzilla…). Mieux, les scénaristes ont osé l’autodérision en se moquant de la chanson agaçante de la Reine des Neiges (Libérée, délivrée…) ou encore avec de fausses couvertures de DVD faisant référence à leurs classiques. Bref, c’est rare de dire ça, mais quand arrive le générique de fin on a qu’une seule envie : voir un nouvel épisode des aventures de Judy et Nick.

Marianne

Le film en bref : Sans atteindre le niveau émotionnel de Vice & Versa, ce Zootopie est un divertissement réussi qui s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes dans un univers bondissant et coloré. On aime spécialement sa partition en faveur de la différence et de la tolérance.

Photo : ©2016 Disney

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