Divergente 3 : au-delà du mur, de Robert Schwentke

Plus les épisodes passent et plus l’intérêt pour la saga Divergente se délite. Ce numéro 3, divisé en deux comme le veut désormais la tradition young adult « pour toujours plus de billets verts », était pourtant plein de promesses sur le papier. Après les rebondissements de la fin de l’épisode précédent, on attendait avec une certaine impatience la découverte du monde derrière le mur. Hélas, même si repousser les limites d’un univers est toujours une expérience exaltante, ici le scénario se contente de déplacer les rapports de force sans jamais réinventer son monde.

Répétition. Autrement dit, après Jeanine (Kate Winselt dont le sourire sadique nous manque un peu), Tris et Tobias vont devoir faire face à un nouvel ennemi mégalo : David (Jeff Daniel) dont l’apparente bonhomie cache forcément le pire des traîtres. Sauf qu’au lieu de n’avoir aucune empathie comme la terrible chef des Érudits, il se révèle être un démiurge manipulateur obsédé par son jeu de téléréalité grandeur nature. Car Tris et ses amis vont découvrir que Chicago est observée depuis toujours par les membres du Bureau, élite cachée derrière le mur.

Du rythme balisé. Le scénario se contente donc de remplacer un méchant par un autre du même acabit. Les personnages secondaires, l’un des points forts du bouquin, peinent ici à exister à l’exception de l’inénarrable Peter (Miles Teller). Même si ce dernier, comme les autres, semble condamné à commettre les mêmes erreurs. A défaut d’un propos novateur, il faudra se contenter d’un rythme soutenu et de scènes spectaculaires pour passer le temps.

Espace de jeu. Mais question mise en scène et univers, Divergente possède tout de même une dimension supérieure au Labyrinthe, autre adaptation dystopique du moment. C’est la gestion de la relation à l’espace. Comme ce monde est en réalité une illusion géante, la caméra peut se permettre des embardées périlleuses et sautillantes qui donnent au film une certaine personnalité. Ça ne suffit pas à le sauver, mais cela rend le visionnage plus sympathique. Et puis Shalene Woodley et Theo James sont de parfaits équilibristes.

Marianne

Le film en bref : récit distandu, méchant prévisible, scènes d’action efficaces, cet avant-dernier volet a comme un petit goût de déjà vu. Reste seulement une gestion amusante de l’espace.

Photo : © SND

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