Critique : Effets secondaires, de Steven Soderbergh

A priori l’avant-dernier film de Steven Soderbergh, puisque le réalisateur compte partir en retraite, Effets secondaires est une excellente surprise. Après un décevant Contagion, un surprenant Piégée et un provoquant Magic Mike, on pouvait s’attendre à presque tout de la part de ce réalisateur touche-à-tout.

Ce polar, ouvertement très critique vis à vis de l’avidité de l’industrie pharmaceutique et du pouvoir des psychiatres, offre un scénario abouti. Dans ce triangle du chat, de la souris et du dupe, Jude Law (Sherlock Holmes, Anna Karénine) joue un psychiatre arriviste tout à fait convaincant, Rooney Mara (Millénium) une patiente émouvante et Catherine Zeta-Jones une psychiatre sans coeur. Tous trois excellents, ils vous entortillent impitoyablement dans leur toile tortueuse qui démontre à quel point psychanalyse et intrigue policière sont similaires.

Une première (et dernière ?) incursion dans le domaine du film noir très réussie.

Laurence

Après le film d’action version féminine (Piégée) et le film de strip-tease social (Magic Mike), Steven Soderbergh s’essaye au psycho-thriller.

Avec un sens du cadre faussement naturaliste, le cinéaste nous offre une première partie volontairement posée et introspective. Ronney Mara (Millénium de David Fincher) déprime et fonce droit dans un mur où le mot « Sortie » est écrit en gros. Pas besoin d’être psy pour comprendre le message, elle va mal. Commence alors un long traitement fait de pilules magiques prescrites par un Jude Law, psychiatre sexy malgré lui. En toile de fond, une critique du système pharmaceutique (mercantile alors qu’il devrait être bienveillant) s’ébauche.

Malheureusement, la deuxième partie du long métrage nous mène sur un chemin plus balisé. Le jeu du chat et la souris prend forme. Catherine Zeta-Jones (qui a raté sa chirurgie esthétique) se rajoute à l’équation. On pense à Basic Instinct, Color of Night (la dimension sexuelle en moins) ou à Peur Primale. Et ce retour aux années 90 n’est franchement pas ce qui sied le mieux à Soderbergh que l’on aurait souhaité plus inventif. Surtout pour ce que l’on annonce comme son avant-dernier film.

Marianne

2 Responses to Critique : Effets secondaires, de Steven Soderbergh

  1. Claire dit :

    Je crois que je vais quand même faire le déplacement, au moins pour la chirurgie ratée de Catherine Zeta-Jones.
    Bravo pour ce site, j’aurais liké si j’avais facebook alors je lève juste mon pouce là tout de suite maintenant.

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