Exposition : Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir

Valeur sûre du paysage culturel français depuis qu’il avait illustré nos hexagonaux contes de Perrault, Gustave Doré n’avait pas eu les honneurs d’une exposition d’importance depuis des lustres. Aujourd’hui l’artiste qui a tant inspiré les cinéastes a les honneurs du musée d’Orsay. Avec la promesse de « l’imaginaire au pouvoir », Lost in Universes ne pouvait qu’aller explorer son univers si personnel.

Présentée en deux parties, l’exposition présente aussi bien de grands tableaux religieux que de minuscules vignettes satiriques. Ce qui permet au visiteur de découvrir une œuvre totale. Ce génial monstre de travail commença son œuvre à sept ans et explora tous les registres et tous les médiums avant de mourir trop jeune. Que l’on aime la Bible, qu’on lui préfère le cirque, la politique, Dante, ou encore Cervantes, les poètes anglais, les paysages, on trouvera quelque chose pour s’en mettre plein la vue. Quelle joie de découvrir, même si c’est derrière une vitrine, les éditions originales des livres de cette époque, qui ressemblent presque à d’anciens grimoires.

Car c’est là que réside sans doute la vraie magie de l’artiste. Quelque soit le médium ou le sujet, Gustave Doré réussissait à imprimer à ses oeuvres quelque chose de quasi surnaturel. C’est notamment frappant dans la toute dernière partie de l’exposition consacrée à ses paysages alpins. Ces toiles verdoyantes semblent être habitées par une aura mystique. Fascinant.

En animation audiovisuelle, les mises en lien entre l’oeuvre de Gustave Doré et le cinéma retiennent l’attention. Développée dans l’excellent catalogue par Valentine Robert (une universitaire spécialiste de l’esthétique cinématographique), cette analyse met en évidence à quel point Gustave Doré a su saisir et rendre les bases de l’imaginaire collectif. Et son empreinte est encore visible aujourd’hui. Il ne faut pas oublier qu’il a été l’une des principales sources d’inspiration aussi bien pour Georges Méliès, Walt Disney, Cecil B. DeMille ou même Peter Jackson. Le parallèle entre son travail et celui de Cocteau pour la Belle et la Bête nous parle particulièrement. Christophe Gans s’est-il lui aussi inspiré de Doré pour son conte cinématographique ?

Seul bémol à cette exposition qui sait être exhaustive sans être épuisante, le manque de fantaisie dans la muséologie. Le sujet y invitait pourtant…

A voir jusqu’au 11 mai 2014 au musée d’Orsay, à Paris.

Laurence et Marianne. 

Pour une visite privée avec l’un des lointains descendants, le chanteur Julien Doré via le site du Monde.

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