Exposition : Keith Haring s’empare du Musée d’Art Moderne

Des traits simples mais incisifs, un univers minimaliste, figuratif et métaphorique, un message radical… Keith Haring a un style immédiatement reconnaissable. Obsédé par les invasions extraterrestres et les phallus géants, cet artiste ultra-sensible a révolutionné le monde du street art dans les années 80.

Sa soif d’expression était telle qu’il aimait à s’emparer des murs du métro, des squares et des buildings new-yorkais. Mais pas seulement. Au long de sa courte carrière, ce touche-à-tout a multiplié les supports. De la plus classique des toiles à la bâche qu’il affectionnait particulièrement en passant par les collages et même les sculptures, l’artiste a tout essayé.

La rétrospective que lui consacre, jusqu’au 18 août, le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris restitue avec talent toute l’énergie créatrice de cet artiste iconoclaste. Dans un simple crayonné comme dans ses toiles aux formats extra-larges, le visiteur est guidé par un parcours thématique capable de susciter autant l’enthousiasme que le malaise.

Son génie se mesure en premier lieu par la justesse de son style. Entre son sens de l’épure, sa palette chromatique volontairement gaie et franche (composée à forte dominance de jaune, de rose, de rouge, de vert, de bleu…) et la récurrence de certaines figures (les silhouettes azimutées, le bébé radioactif, la soucoupe volante…), il affirme une technique sûre et une vraie personnalité dans ses œuvres.

Dans un second temps, c’est évidemment la pertinence de son message qui frappe. Qu’il dénonce la manipulation des médias, le capitalisme omniscient, le racisme, la religion ou encore la destruction de la planète, il ne retient pas son trait. Certaines toiles hanteront longtemps la psyché des visiteurs.

Malgré ses thématiques sombres, on perçoit dans ce fourmillement créatif une sensibilité hors du commun, qui le poussait à vouloir changer le monde. Malheureusement, le SIDA l’aura empêché de continuer ce cheminement artistique et politique dès 1990. Une vraie perte pour le monde de l’art contemporain.

En plus du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, le  Centquatre expose les toiles les plus grandes de l’artiste. Une belle manière de prolonger l’immersion dans le monde si particulier de Keith Haring.

Marianne

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