Exposition : l’art des Indiens des plaines

Vous en rêviez depuis que vous avez vu votre premier western ? Le musée du Quai Branly vous l’a organisé. Cheyennes, Blackfeet, Sioux, Pawnee, Commanches, ils sont venus, ils sont tous là.

Enfin, plus exactement, les objets emblématiques de leur vie quotidienne sont là : calumets, robes perlées, chemises de peaux peintes, porte-bébé, coiffes à plumes… Le plus étonnant ? Les chaussures et mocassins brodés qui en remontreraient à M. Loboutin himself. Et d’énigmatiques objets de rituels amoureux.

Nette, claire et précise, la muséographie est très chic. Peut-être un peu trop chic pour rendre vraiment compte de la vie des tribus et permettre au visiteur d’imaginer comment plats et pare-flèches étaient utilisés. Des photos, de la musique, des cartes supplémentaires auraient été bienvenues pour donner de la chair à ces fantômes. En revanche la partie consacrée au renouveau de l’art indien en début de parcours est une initiative tout à fait louable, d’autant qu’elle est passionnante.

Michel Ciment, le critique et historien de cinéma bien connu des amateurs de salles obscures, propose dans l’exposition un montage de films Stéréotypes, composé des extraits de westerns. le cinéma hollywoodien a fait de l’Indien un protagoniste essentiel du western il l’a imaginé en guerrier impitoyable, barbare, peinturluré et généralement ivre. Tel Cecil B. DeMilledans Une aventure de Buffalo Bill (1936) ou John Ford dans la Chevauchée fantastique (1939). Pourtant ce réalisateur était proche des tribus indiennes et tournait sur leurs territoires. C’est sans doute ce qui le conduisit à filmer Les Cheyennes (1964) où il aborde le génocide indien. Mais il faudra attendre le début des années 70 avec la montée en puissance du mouvement écologique et l’horreur de la guerre du Vietnam pour qu’une réécriture de la conquête de l’Ouest devienne véritablement pensable. Et pour que l’ethnocide qui l’accompagna soit enfin dénoncé.

Parallèlement, une rétrospective retraçant l’évolution de l’image des Indiens dans le cinéma américain sera présenté à partir du 12 avril. L’un de nos films préférés de l’année 2013, Jimmy P., sera projeté le 27 avril en présence de son réalisateur Arnaud Desplechin.

A voir au musée du Quai Branly à Paris jusqu’au 20 juillet 2014.

Laurence

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