Interview : Gary Constant nous dit tout sur le Festival Mauvais Genre

Déjà sept printemps pour le Festival Mauvais Genre de Tours (37). Cette manifestation 100 % originale ne cesse chaque année de s’affirmer comme un rendez-vous incontournable pour tous les amoureux d’un cinéma différent…mais pas que ! Son directeur et délégué artistique, Gary Constant, véritable trublion du 7ème art, fait le point sur cette nouvelle édition qui s’annonce haute en couleurs.

Comment est née l’aventure Mauvais Genre ?

Gary Constant : Au départ, c’est parti d’une frustration que j’avais en tant que simple spectateur. Chaque année, un nombre impressionnant de films de qualité n’avaient pas accès aux salles françaises et spécialement dans ce qu’on appelle le cinéma de genre (polar, fantastique, animation, science-fiction, horreur…). Pourtant cette production est souvent plus audacieuse, moins formatée que les longs métrages que l’on a l’habitude de voir. Durant les deux premières éditions, le festival était surtout orienté horreur, gore, fantastique. Mais plus les années passent et plus nous avons eu accès à une plus grande diversité de films. Pour cette septième édition, c’est moins le genre qui est mis en avant que l’aspect évènementiel et différent des longs métrages sélectionnés.

Quels seront les grands évènements de cette édition 2013 ?

Gary Constant : Comme chaque année, vous retrouverez les rendez-vous qui ont fait le succès du festival comme la Nuit interdite, le cinéma scolaire et les différentes rencontres prévues entre les professionnels et le public. C’est pour moi une composante essentielle de la manifestation : créer un lieu convivial et accessible où chacun peut discuter avec les professionnels présents. Du côté des nouveautés, la compétition court-métrages sera cette année divisée en deux catégories. Une pour la fiction et une pour l’animation. Cela correspond à une vraie demande du jury qui trouvait difficile, les années précédentes, de juger ces deux styles différents. Et c’est vrai que le monde de l’animation est suffisamment riche pour constituer une sélection à part entière.

Crackle concourt pour la Corée du Sud dans la catégorie court-métrage d’animation.

Pour cette septième édition, nous avons voulu ouvrir encore davantage le Festival sur d’autres univers parallèles au cinéma comme le jeu vidéo ou les séries télé. Plusieurs évènements serviront de passerelle entre ces différents domaines de création. Tout d’abord le réalisateur Juan Solanas, auteur du très beau Upside Down qui fera l’ouverture, donnera une conférence le vendredi 29 mars dans laquelle il évoquera son travail sur ce long-métrage de science- fiction et en particulier comment il s’est inspiré des jeux vidéo pour ses décors.

Le dimanche 31 mars, ce sera au tour de Viktor Antonov, directeur artistique du long-métrage d’animation The Prodigies, de se prêter à cet exercice des influences. Et nous diffuserons en exclusivité sur grand écran les quinze premières minutes du pilote de Defiance. Cette nouvelle série de science-fiction sera diffusée sur Syfy à partir du 16 avril en France. Un jeu vidéo en ligne sera lancé en même temps. Un des directeurs artistiques sera présent pour évoquer les interconnections prévues entre les deux médias, mais autour de l’arc narratif cette fois.

Upside Down de Javier Solanas fait l’ouverture avec Dark Skies du Festival Mauvais Genre.

Concernant la compétition, avez-vous décelé une thématique principale qui se dégage cette année ?

Gary Constant : Oui et je dirais même que l’on en trouve plusieurs. La première est certainement en rapport avec l’enfant. Qu’il soit sur le point de basculer à l’âge adulte ou pas, c’est une figure très présente dans la programmation 2013. Les non-dits et les regrets font également partie des thèmes récurrents. D’une manière générale, je trouve que les films présentés cette année sont beaucoup plus sérieux que ceux des années précédentes. Ils sont, sans aucun doute, le reflet de l’époque difficile que nous traversons actuellement, une sorte d’état des lieux. Certains ont opté pour la voix du militantisme, d’autres pour une vision plus pessimiste de la société.

Pour finir, si les spectateurs n’ont le temps de voir qu’un ou deux films, quel conseil vous leur donneriez ?

Gary Constant : C’est toujours difficile de faire un choix. Tous les films que j’ai sélectionnés ont forcément une place particulière dans mon cœur. Mais si je devais n’en garder que quelques-uns, je citerais The Battery de Jeremy Gardner, un film de zombies surprenant, contemplatif et poétique. Et Funeral Kings de Kevin et Matthew McManus, un teen moovie drôle et féroce qui suit deux adolescents adeptes des enterrements ou encore OK Good de Daniel Martinico qui raconte l’aliénation progressive d’un comédien passant casting sur casting. Dans tous les cas, quel que soit le film que vous découvrirez, une chose est certaine : vous ne serez pas déçu du voyage !

The Battery de Jeremy Garner révolutionne le genre Zombie.

Ne manquez pas la septième édition du Festival Mauvais Genre qui se tiendra dans plusieurs salles à Tours (37), du 27 mars au 1er avril 2013. Pour en savoir plus : www.festivalmauvaisgenre.com

Marianne

3 Responses to Interview : Gary Constant nous dit tout sur le Festival Mauvais Genre

  1. ASBAF dit :

    Kikoo Marianne, on te fait un bisou post-Mauvais Genre où The battery a quasi tout raflé. Cool interview de ce bon vieux Gary.

    • admin dit :

      Salut, Et bien visiblement Gary ne s’était pas trompé dans ses pronostics. J’ai jeté un coup d’oeil sur votre blog, vraiment très drôle et rythmé.
      A bientôt , j’espère.

  2. AnoNymous dit :

    Very good ITW !

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