Point de vue : Perfect Mothers selon par Marcela Iacub

Il semblerait que chaque spectateur qui ait visionné Perfect Mothers d’Anne Fontaine y ait vu des enjeux différents : de ceux qui trouvent l’aventure invraisemblable à ceux qui la condamnent comme trop malsaine en passant par ceux qui y lisent entre les lignes une histoire sur l’homosexualité, chacun a sa version. La chroniqueuse du supplément week-end de Libération, Marcella Iacub, ne fait pas exception avec l’article A l’amie, à la mort qu’elle a publié récemment dans le quotidien .

Pour qui l’ignorerait, la juriste, chercheuse et essayiste franco-argentine est connue pour ses prises de position très peu conventionnelles sur la sexualité. Elle a notamment défrayé récemment la chronique en publiant Belle et Bête (Stock, 2013) qui relate ses relations avec Domique Strauss-Kahn. On peut être choqué ou pas par ses analyses, mais elles donnent le plus souvent à réfléchir sur notre société et nous incitent à revenir sur nos préjugés. N’est-ce pas au final ce qui importe ?

Dans Perfect Mothers, Marcela Iacub voit d’abord et avant tout une apologie de l’amitié dont « nous aurions peut-être intérêt à ce qu’(elle), par la liberté qui lui est propre, devienne le lien social le plus important, le plus précieux. Qu’elle soit hissée au rang de lien primaire ». Car elle juge que cette vertu est bien trop sous-estimée dans nos sociétés « en ces tristes temps du mariage pour tous ». Elle considère par conséquent que nous devrions placer ces affinités électives au-dessus de toutes les autres si bien que « ce jour-là, ni les lois, ni les juges, ni les experts ne gouverneront plus nos cœurs et nos mœurs ».

Pour aussi intéressant que ce soit ce point de vue, est-ce bien le sujet du film ? Car il faut bien le dire, essentiellement, le spectateurs bataille ferme avec ses préjugés sur l’inceste pendant toute la projection et l’on ne peut certainement pas qualifier ces amours d’heureuses, naturelles et douces comme le fait Marcela Iacub. Certes l’amitié est essentielle dans la narration, qu’elle soit entre les deux mères ou entre les deux fils. Et sans que personne, et surtout pas elles ou eux, ne sache si elle déborde ou pas vers l’homosexualité.

Mais le deuxième thème du film est bien l’amour, charnel comme psychique, entre des jeunes gens avec des femmes plus âgées qu’ils connaissent depuis toujours, qui sont comme leurs mères. Mais ne sont pas leurs mères. Des amours que légalement rien n’interdit, des amours qui pourtant semblent totalement immorales. Et qui interrogent. Etonnament, c’est cet aspect le plus troublant et le plus scandaleux que Marcela Iacub choisit de ne pas analyser. Perfect Mothers irait-il trop loin, même pour la sulfureuse chroniqueuse ?

Pour lire la chronique rendez-vous sur le site de Libération.

Laurence

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