(Re)découvrez Dali au Centre Pompidou

Salvador Dali. La moustache. Les montres molles. Les univers surréalistes. L’artiste espagnol revient enfin dans la capitale après plus de 30 ans d’invisibilité ou presque. Et c’est à nouveau le Centre Pompidou, temple de l’art contemporain parisien, qui lui consacre une rétrospective événement.

Dans l’hexagone, Dali a longtemps été considéré comme un peintre mineur.  Attirant plus les foules que les critiques d’art. Cette exposition a donc pour ambition de remettre le travail de l’artiste en perspective. Et de voir sous un autre jour sa contribution à l’art contemporain.

Peintures, sculptures, simple crayonnés, collages, cinéma et théâtre… Dali se révèle être un vrai touche à tout. Résumer son œuvre à ses grandes fresques colorées et surréalistes serait n’avoir qu’une vision très limitée de son savoir faire.  Et le surréalisme qui a fait son succès n’est pas son seul cheval de bataille. Cubisme, pointillisme, une obsession curieuse pour l’angélus de Millet et plusieurs hommages à Vélasquez ou à Picasso traversent son œuvre.  Preuve incontestable de la richesse de ses influences.

Dans la vie comme dans ses toiles, Dali nous dévoile différents visages plus au moins célèbre. Le Dali provocateur, avec sa vision très particulière du mysticisme et de la religion. Le Dali, libertin avec ses nombreuses allusions sexuelles explicites. Ou encore le Dali, politique avec ses œuvres sombres et visionnaires autour de la guerre et de l’Allemagne Nazi.

Mais c’est sans doute dans sa vision très personnelle de la réalité que Dali devient passionnant. Métaphores, apparences trompeuse, mise en abîme, découpage au rayon x, répétition à l’infini, allégorie… il multiplie les points de vu. Déconstruisant la réalité pour mieux la reconstruire. La contemplation de ses tableaux « trompe l’œil » est particulièrement saisissante. La multitude de détails et l’imbrication précise des éléments les uns dans les autres démontrent une maîtrise minutieuse. La mise en scène de l’exposition qui privilégie les grands espaces et démultiplie les perspectives pour le public, met en valeur cette particularité

Le travail de la lumière, antiréaliste, avec des couleurs omniprésentes reste incontestablement une de ses marques de fabrique. Il s’en sert pour créer un univers qui lui est propre, plein de silhouettes difformes, de personnages grimaçants et d’ambiance tour à tour crépusculaire ou théâtrale. Un monde fantasmagorique dont le cinéma semble s’être imprégné. On pense à Terry Gilliam (en particulier au Baron de Munchausen ou à l’Imaginariumdu Docteur Parnassus) mais aussi à David Lynch (Dune) voire même pour les peintures plus morbides à Tim Burton.

Avant de vous ruer en masse à Beaubourg pour vivre à votre tour ce beau voyage, pensez à acheter un billet coupe file. L’exposition qui a débuté le 21 novembre et s’achèvera le 25 mars connaît une grande affluence. C’est le meilleur moyen d’éviter les files d’attente interminables.

Marianne 

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