Série : Flesh and Bone

Une série sur la danse classique ? Si le sujet a été exploité plusieurs fois au cinéma (Black Swan, Les Chaussons rouges…), le monde de la fiction télévisuelle s’était jusqu’à présent plutôt concentré sur l’univers de la comédie musicale (Glee, Smash) que sur celui plus impitoyable du corps de ballet. Starz (plutôt habitué aux séries à grand spectacle comme Spartacus ou Outlander) innove donc avec son Flesh and Bone. Cette mini-série, à moins que les dieux de l’audimat en décide autrement, nous plonge dans les coulisses de l’American Ballet Company à New York. On y suit Claire, une jeune danseuse fraîchement débarquée de Pittsburg, qui rêve d’intégrer la célèbre compagnie. Mais le chemin de la ballerine sera semé d’embuches. Au programme, on trouve une colocataire jalouse, une ex-star cocaïnomane et un directeur pervers et manipulateur.

Méfiez-vous des apparences. Avec un tel pitch, on pourrait penser que l’on va suivre une fois de plus les mésaventures d’une jeune danseuse naïve dans un univers impitoyable dont elle ressortira grande gagnante. Parce que la gentillesse, ça paie toujours… Promis, Flesh and Bone est un peu moins prévisible qu’il n’y paraît. Car ici la douce colombe a plusieurs squelettes dans son placard. Des traumatismes qui dépassent le simple complexe de la petite provinciale qui débarque dans la grande ville. D’ailleurs tous les personnages cachent tous des névroses bien profondes.

Sordide, vous avez dit sordide ? Flesh and Bone n’a pas peur d’appuyer là où ça fait mal. Voir de tomber par moment dans le sordide. Jusqu’à la surenchère. Prostitution, inceste, esclavage, anorexie… le cocktail manque clairement de finesse. Je sais qu’avec le succès de séries comme Game of Thrones ou Walking Dead, les chaînes pensent que la perversion et la violence sont des atouts pour un show. Mais le problème, c’est qu’ici tout apparaît comme un peu forcé.

La danse n’est pas au centre de l’action. Les amoureux de danse classique risquent d’être déçus. Car à part dans le premier et le dernier épisode de la série, les séquences de danse n’occupent pas le devant de la scène. C’est un peu frustrant, surtout qu’elles sont toujours exécutées avec grâce par de vrais danseurs (tous les comédiens sont des professionnels). Le jeu de la mise en abîme entre ce qui se passe sur scène et en coulisse ne sera exploité que lors du dernier épisode. Dommage.

Une belle mise en scène. Malgré ces petits ratés, Flesh and Bone mérite tout de même le coup d’œil. Déjà parce que le premier épisode a été réalisé par le brillant David Michôd (Animal Kingdom, The Rover). Le cinéaste australien filme les séquences de sélection de Claire avec un mélange parfait de tension et de virtuosité. Les autres épisodes comprennent également plusieurs scènes marquantes comme celle où le sadique Paul Grayson fait recommencer ses élèves jusqu’à épuisement le jour de Thanksgiving ou encore les retrouvailles inattendues entre le frère et la sœur. Et tout le dernier épisode est une réussite visuelle. Comme si la série embrassait enfin la dimension opératique qu’elle aurait dû avoir depuis le début.

Enfin, il faut également souligner l’écriture du personnage de Roméo, SDF et oracle, qui incarne a lui tout seul toute la dimension « tragédie classique  » de la série.

Flesh and Bone est diffusée depuis le 9 novembre sur le bouquet OCS. Retrouvez un nouvel épisode tous les lundis soir à 22 h sur OCS City. Les huit épisodes de la série sont également disponibles sur OCS Go.

Marianne

La série en bref : Un cocktail un peu  bancal de clichés sur le monde de la danse et toutes ses petites perversions sauvé par une excellente mise en scène, des séquences de danse magiques et des acteurs, vrais danseurs, convaincants.


Photo :©2015 Starz Entertainment,LLC

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *