Suicide Squad, Star Trek, Jason Bourne… pourquoi les blockbusters de l’été sont decevants

Rendons-nous à l’évidence. L’été rime toujours avec blockbuster au cinéma mais 2016 restera l’année où aucun de ces divertissements calibrés pour le succès n’aura créé une nouvelle tendance, renouvelé un genre ou même possédé une vraie personnalité. La faute est sans doute à imputer aux dirigeants des studios trop obnubilés à compter leurs billets verts pour prendre le moins de risque. Mais franchement c’est lassant ! Si on ne peut même plus s’éclater devant un divertissement pendant l’été… La preuve par trois avec Suicide Squad, Jason Bourne et Star Trek.

Trop de rythme tue le rythme

Première constante de ces productions 2016 : l’obsession du rythme ! C’est simple, le montage de ces films enchaîne sans relâche les scènes d’action, comme si les producteurs pensaient que tous les spectateurs souffraient d’un grand trouble de l’attention. Non seulement c’est fatigant pour les yeux,  mais en plus cela ne laisse que peu de place à l’exposition des enjeux ou au développement des émotions.

Jason Bourne remporte la palme du rythme effréné.  Ce quatrième opus des aventures du célèbre espion se résume, tout simplement, à une longue course poursuite de deux heures. Alors oui, à ce petit jeu là Peter Greengrass ne manque pas de virtuosité, mais il avait tellement fait mieux dans les épisodes précédents qu’on est un peu déçu par le résultat. Justin Lin sur Star Trek se contente lui d’une efficacité imparable (seulement ce qui marche pour les voitures de Fast & Furious ne suffit pas dans un film de science-fiction digne de ce nom !) Quand à David Ayer sur Suicide Squad, il parvient à donner une certaine fluidité à son image mais comme l’essentiel de son action se concentre dans un décor de centre commercial délabré, on est vite blasé.

Vous avez dit personnage ?

Le développement des personnages est l’autre point faible de ces mégaproductions. Forcément quand on se concentre sur l’action, on en oublie un petit peu de rendre les personnages attachants. Suicide Squad est certainement celui des trois films qui échoue le plus lamentablement à donner de la consistance à ses héros. Un comble pour un film de groupe présentant des personnalités mythiques. A l’exception de Harley Queen (belle prestation de Margot Robbie qui sauve les meubles), les autres personnages semblent faire de la figuration. Pourtant David Ayer a réalisé quelques jolies scènes d’exposition mais on sent bien que le montage a été tailladé à la harpe empêchant tout empathie pour ces personnages sacrement dérangés…

Jason Bourne et Star Trek ne brillent pas particulièrement du côté des personnages, mais ils ont un avantage de taille sur leur concurrent : les présentations ayant été faites dans les films précédents, les héros bénéficient déjà d’un fort capital sympathie. Enfin si Jason Bourne et Spock avaient eu plus de temps de parole, on n’aurait pas été contre non plus !

Et sinon ça parle de quoi ?

Mais le plus terrible reste à venir. Pour moi, ces divertissements passent à côté de leur sujet. Attention, que les choses soient claires, je ne demande pas à ces blockbusters d’être des pensums politiques mais au moins d’être des produits de pop culture intelligents  et/ou capables de réfléchir sur leur époque. Jason Bourne porté par Paul Greengrass est sur ce point largement au-dessus des autres puisqu’on y parle des nouvelles règles de l’échiquier géopolitique, de terrorisme ou encore de la fin de la vie privée des individus. Dommage simplement que le propos soit noyé sous un flot de scènes d’action tournées en caméra embarqué.

Suicide Squad tente, en vain, de jouer sur la critique du tout sécuritaire, mais échoue à devenir un objet de cinéma subversif et cool. Il ne reste pas désagréable à regarder, mais ça ne suffit pas. Star Trek sans limites aurait dû être enfin l’épisode où l’équipage de l’Enterprise part à la découverte de l’univers. Il n’en sera rien, le scénario se contente de les piéger dès le début sur une même et simple planète. Question originalité, c’est sûr on repassera. Il ne reste plus qu’à espérer que l’automne et l’hiver à venir seront plus audacieux question cinéma, parce que j’en ai un peu marre de m’ennuyer dans les salles…

Marianne

Photo : Warner Bros. Entertainment Inc., Ratpac-Dune Entertainment LLC and Ratpac Entertainment, LLC

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