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Critique : Interstellar, de Christopher Nolan

Interstellar est un dilemme pour les critiques. Comment retranscrire en quelques centaines de mots l’expérience unique que constitue ce long métrage ? Et le tout sans trop en dire ? Sans en dévoiler la quintessence… Christopher Nolan ne nous facilite pas la tâche. Mais c’est aussi pour ça que l’on aime ses films !

Critique : Don Jon, de Joseph Gordon-Lewitt

Cette comédie dramatique est arrivée en forme de cadeau surprise de fin d’année. Un peu comme Happiness Therapy avait enchanté le début de 2013, Don Jon sait habilement retenir son public. Qui au tout début du film se demande un peu dans quel genre d’univers foutraque il est tombé, et à mille lieues de l’image plutôt classieuse et raffinée qu’offre habituellement Joseph Gordon-Lewitt (Inception, Looper, Lincoln).

Interstellar : le prochain film de Christopher Nolan prend forme

Christopher Nolan ne chôme pas. A peine libéré de ses obligations liées à la trilogie Batman, le cinéaste britannique planche déjà activement sur son prochain long métrage. L’objet de son affection se nomme Interstellar, un film de science-fiction particulièrement ambitieux. Ce projet écrit par son frère Jonathan Nolan (déjà aux scénarios de Memento et de The Dark Knight) devait au départ être dirigé par Steven Spielberg en personne. Le premier traitement a été réalisé par le physicien Kip S. Thorne et la productrice Lynda Obst (Contact). A l’époque, le pitch se concentrait sur « des explorateurs humains traversant un trou de ver et voyageant dans une autre dimension ».

Evidemment, Christopher Nolan ne pouvant se contenter de la seule mise en scène, il a décidé, en partenariat avec son frère, de réécrire le script afin d’y ajouter une idée plus ancienne qu’il avait développée pour un autre projet. Un nouveau pitch, encore plus mystérieux et laconique, a donc vu le jour. Interstellar évoquera « un voyage interstellaire héroïque aux confins de notre compréhension scientifique ».

Le casting compte déjà deux habitués de l’univers de Christopher Nolan puisque Anne Hathaway (Les Misérables) et Michael Caine (la trilogie Batman) font partie de la distribution. De nouveaux venus ont été également recrutés comme Matthew McConaughey (Mud), Channing Tatum (Effets secondaires) et Jessica Chastain (Zero Dark Thirty, Mama). On ne sait pas grand-chose sur la teneur de leurs rôles si ce n’est que McConaughey incarnera le Docteur Cooper, professeur en astrophysique et que Channing Tatum sera un de ses élèves.

Tourné en partie en Antarctique, Interstellar sera sur les écrans français à partir du 5 novembre 2014.

Marianne

Critique : les Misérables, de Tom Hooper

On adorera (comme beaucoup de spectateurs) ou on détestera (comme presque toute la critique française) sans demi-mesure. Car ces Misérables à l’américaine sont pleins de parti-pris auxquels le public devra adhérer s’il veut apprécier pleinement le spectacle.

Choisir d’adapter une comédie musicale à succès était déjà osé, mais le pari se double d’un pathos hugolien délibérément mis en avant et du choix de décors grandiloquents à la limite du pompier. Puisque les acteurs endossent leurs partitions avec brio, que le sentimentalisme émeut, que les grandes envolées lyriques enthousiasment parfois et que les rues de Paris assument leur côté kitsch, le film peut se regarder avec bonheur.

S’il était besoin d’une seule bonne raison d’aller voir le film, ce serait toutes les scènes où apparaissent  les Thénardiers, interprétés par Helena Bonham-Carter et Sacha Baron Cohen. De la pure méchanceté bouffonne, cruelle et avide, mise en scène avec brio et un gros grain de folie.

A cela s’ajoute l’interprétation d’Anne Hathaway en Fantine dans la formidable scène où elle en vient à se sacrifier pour Cosette.

Si Tom Hooper avait fait preuve d’autant d’inspiration sur toute la durée du film qui s’essouffle en deuxième partie malgré l’excellent Eddie Reydmane, on aurait peut-être tenu une grande adaptation du chef-d’oeuvre de Victor Hugo.

Laurence

Quoi ! Les Américains adaptent (une fois de plus) un chef-d’œuvre de la littérature française. Et ils osent en faire une comédie musicale… Paris résonne encore des cris d’effroi des bien-pensants qui se posent en défenseurs du patrimoine hexagonal. Mais en réalité, ils connaissent bien mal l’histoire.

Faire des Misérables une comédie musicale est une idée 100 % française. Ecrite en 1980 par Alain Boublil et le compositeur Claude-Michel Schönberg, elle fut mise en scène par Robert Hossein lui-même. Mais le public parisien ne lui accorda qu’un succès mitigé. La comédie musicale eut alors une seconde vie, une fois traduite en anglais. Elle fit les beaux jours de la scène londonienne avant de s’attaquer à Broadway. Pour les Anglo-saxons, le spectacle est une véritable institution.

Une fois cette vérité rétablie, une question se pose : comment réussir à transposer cette comédie musicale de la scène au grand écran sans la dénaturer ?  Pour commencer, il faut sélectionner un réalisateur anglais oscarisé. Derrière la caméra, on retrouve Tom Hooper qui a reçu cinq statuettes pour le pétillant Discours d’un roi. Cet amoureux des trames classiques réussit avec Les Misérables à faire monter petit à petit l’émotion, sans que le spectateur ne s’en rende compte. Par petites doses, le film accumule les moments de grâce. Anne Hathaway (Fantine) sublime le désespoir. Samantha Banks (Eponine) est lumineuse de tristesse sous la pluie.

La musique amplifie, elle, le lyrisme de l’œuvre de Victor Hugo. Les scènes de foule en haut des barricades paraissent encore plus intenses et dramatiques. Et les impitoyables Thénardiers nous entraînent, eux, allégrement dans la Commedia dell’ arte. Le tout dans un décor parisien ouvertement théâtral, qui pourra faire sourire certains.

Dans cette partition presque parfaite, je ne déplore qu’une petite fausse note. Le choix d’avoir complètement supprimé les scènes parlées. Elles auraient, à mon sens, mieux structuré ce récit très long et complexe.

Marianne