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Les infos de la semaine : Bryan Cranston, Tim Burton et quelques aliens

Vous avez eu une semaine chargée ? Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actualité du cinéma et des séries ? Pas de problème, Lost in Universes vous fait un petit résumé des informations essentielles de la semaine.

Univers : un cinéma déserté

C’est dans le désert du Sinaï que le photographe estonien Kaupo Kikkas a découvert ce cinéma. Totalement à l’abandon. Cette salle, qui semble tout droit sorti d’un univers post-apocalyptique et être destinée à accueillir des survivants décharnés, a vraisemblablement toute une histoire à relater.

Critique : L’Ecume des jours, de Michel Gondry

Quand on y pense, cela sonne comme une évidence. L’univers de Michel Gondry et celui de Boris Vian étaient faits pour se rencontrer. Plus solaire et optimiste que l’écrivain chanteur, Michel Gondry partage avec lui une vision unique du monde qui nous entoure. Et il était le seul réalisateur français (à part peut-être Jean-Pierre Jeunet ? ) à pouvoir donner vie aux inventions surréalistes de l’Ecume des Jours.

Du Piano’cktail au nuage suspendu en passant par la limousine transparente, l’arrache-cœur ou la fameuse danse du Biglemoi, tous les fantasmes de l’écrivain virtuose sont reconstitués à l’écran. Magie de l’animation ou talent d’accessoiristes imaginatifs, tout sonne juste. Décalé et charmant, Michel Gondry parvient à ne jamais  tomber dans un mauvais kitch ou un futurisme de pacotille qui aurait dénaturé l’œuvre de Vian. Il réussit la parfaite synthèse entre la vision d’après-guerre de l’auteur et notre monde contemporain.

Au-delà de cette création artistique fabuleuse (il y a quasiment une idée dans chaque plan),  Gondry nous emporte dans un tourbillon onirique. Reprenant certaines citations et jeux de mots du texte original, le cinéaste en restitue la poésie. Par contre, en choisissant de donner plus de consistance à Colin (Romain Duris) et un peu moins à Chick (Gad Elmaleh), la dimension politique du roman se perd un peu. Toute la critique du pouvoir de l’agent, de l’aliénation du travail ou même des terribles conséquences de l’addiction ne sont que survolés.

L’émotion est palpable mais elle s’égare dans l’euphorie visuelle du cinéaste. Inventeur de génie, Gondry est clairement moins à l’aise dans la dernière partie sombre et cruelle que dans le feu d’artifice du début. Il n’est reste pas moins que l’Ecume des jours est l’OFNI (Objet filmique non identifié) de l’année et qu’il faut courir en salles pour faire partie du voyage.

Marianne

Dès que Michel Gondry a lu l’Ecume des jours dans son adolescence, il a eu l’idée du passage progressif des couleurs éclatantes du début, lorsque tous les espoirs sont en germination, jusqu’au noir et blanc de la fin amère qui se noie dans le désespoir. Subtilement, le ton de l’univers poétique du film est donné.

Pour l’adaptation strictement parlant, Michel Gondry a choisi de se recentrer sur le couple de Colin et Chloé, en mettant plus de côté Chick, même si ce dernier reste très présent, colonisé un peu plus chaque jour par son délire « Jean-Sol Partrien ». Du coup, Michel Gondry a donné à Colin plus de personnalité qu’il n’en avait dans le roman. Certains éléments comme les fusils que Boris Vian avait créés sans les exploiter véritablement apparaissent à plusieurs reprises dans d’autres scènes.

Devant les membres du Club 300 d’Allô Ciné, après la projection du film, Michel Gondry a affirmé qu’il voulait rendre hommage aux travailleurs, et le travail est parfaitement rendu dans toute son aliénation, son absurdité et parfois sa dangerosité. Par exemple avec la cruelle culture des fusils dans les serres. Cette critique culmine lorsque Colin est obligé de travailler sur la chaîne des machines à écrire sa propre histoire, mis ainsi dans l’impossibilité d’échapper à sa destinée. Le réalisateur tenait à ce que Colin soit soutenu par ses collègues lorsqu’il échoue à suivre un rythme délirant et est licencié. A apprécier également une critique acerbe de l’Eglise qui ne vendra qu’un enterrement sordide à Chloé et n’offrira aucun réconfort à Colin.

Une fin magnifique, plus sobre, digne de la tradition gothique anglaise, achève cette belle adaptation, Ovni d’inventivité dans l’ennuyeuse production française (hormis, effectivement, l’univers de Jean-Pierre Jeunet).

Seules légères critiques : d’une part, on ne comprend pas toujours les mots. Il faut avoir le livre en tête pour les savourer. Une astuce visuelle pour les néophytes aurait été bienvenue.

D’autre part, les moindres détails sont extrêmement travaillés. Presque trop. Les amateurs fous du monde de Vian ne partageront sans doute pas cet avis mais Michel  Gondry est un peu dans la surenchère de créativité. L’univers est saturé. Même s’il est toutefois souvent drôle comme tout ce qui concerne les repas : les plats vivants, le cuisinier délirant (Alain Chabat), la capture de l’anguille, les « petits fours ». Ils serviront de contraste à la fin de l’histoire avec les affreuses sardines passées à l’acide en guise de dernier triste repas. Quant à l’intérieur du torse de Chloé, réalisé en tissu animé, il a toute la beauté des oeuvres de la plasticienne Annette Messager. La sonnette, elle, est agaçante juste ce qu’il faut.

Et la fameuse souris ? On veut juste l’adopter illico presto…

Laurence

Critique : Dead Man Down, de Niels Arden Oplev

Envie d’un polar à l’ancienne ? Avec femme fatale à sauver, bad boy à aimer et malfrat à liquider ? Dead Man Down est le film qu’il vous faut. Cette histoire de vengeance située dans la pègre new-yorkaise emprunte néanmoins des thématiques contemporaines. Les criminels font main basse sur des biens immobiliers, les immigrés meurent dans l’indifférence et les conducteurs alcoolisés  provoquent de graves accidents… Dans ce monde chaotique, Béatrice et Victor vont se rencontrer.

Ces deux-êtres à la dérive, rongés par leurs propres démons, incarnent l’âme de ce long métrage. Piégés dans leur soif respective de vengeance, ils semblent avoir oublié tout sens de la réalité. Les scènes entre les deux personnages résonnent comme des moments suspendus où les regards en disent plus que de longs discours. Noomie Rapace, sensible, (Passion) et Colin Farrell, intense, (7 Psychopathes) composent ce couple bancal avec finesse.

En dehors de cette parenthèse enchantée, le monde extérieur n’est que ténèbres ou presque. Niels Arden Oplev filme un New York volontairement sombre, comme si la lumière n’avait plus droit de cité. Sur la trilogie Millenium, le cinéaste était apparu comme scolaire et un peu trop discipliné. Avec Dead Man Down, il n’hésite pas à sortir du cadre protocolaire. Les scènes d’action flirtent par moments avec du Hitchcock ou de de Palma. Jeu de miroirs, regards croisés, personnages épiés, il place les apparences au centre de son récit et de sa mise en scène.

Un puzzle cinématographique que les plus cyniques d’entre vous auront peut-être du mal à trouver crédible. Mais si comme moi, vous croyez dans le pouvoir de la rédemption, ce film de genre sans prétention réussit l’exploit de vous entraîner dans son sillage, avec un certain talent.

Marianne

Décidément, Colin Farrell n’est jamais aussi bon que dans des « petits » rôles. Après un décevant Total Recall, il retrouve toute la mesure de son talent dans 7 Psychopathes et dans ce Dead Man Down. Si l’on y regarde de près, ce polar est surtout et d’abord une histoire d’amour et de rédemption, interprétations dans lesquels l’Irlandais excelle. Il suffit de se souvenir d’Ondine ou de London Boulevard. Noomi Rapace se révèle une partenaire à la hauteur de sa fragilité vengeresse. Même Isabelle Huppert trouve sa juste place dans cet immeuble glaçant.

Le récit de ces vies explosées par l’égoïsme et la violence est servi par un scénario qui ne tombe jamais dans le sordide ou le larmoyant. Une photographie souvent en clair-obscur accompagne et souligne leurs visages et leurs corps abîmés par la douleur de la perte.

Seul vrai reproche : un certain manque de suspens, même si l’on ne voit pas bien comment les deux amoureux pourraient ne pas être broyés par une adversité trop forte ou comment l’histoire pourrait finir heureusement. L’intrigue est trop prévisible, la tension s’en ressent, et le spectateur ne tremble pas vraiment. Un certain cynisme humoristique bienvenu parvient la plupart du temps à faire oublier ce défaut.

Laurence

Critique : Les Amants passagers, de Pedro Almodovar

Bonne nouvelle, Pedro Almodovar revient à la comédie. Colorés, décalés et ultra-sexués, ces Amants passagers s’inscrivent dans la  grande tradition de la movida, que le réalisateur a incarné au début des années 80.  Il y a donc un soupçon de Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier et une pincée de Attache-moi dans ce nouveau long métrage.

Pourtant en Espagne, la période d’euphorie qui a suivi la fin du Franquisme est bel et bien finie. La crise financière a sévi. Mais Almodovar aime toujours être là où on ne l’attend pas. Après le thriller ultra-esthétique La Piel que habito  et le drame passionnel Etreintes brisées, il renoue avec un genre qu’il avait (volontairement ?) délaissé.

Ce long métrage se vit donc comme une bulle de fantaisie. On suit les mésaventures d’un groupe de passagers et des membres d’équipage d’un avion en détresse. Alcool, drogues, mensonges, amours contrariées, orgasmes et chorégraphie forment le cocktail gagnant de cette comédie loufoque. Drôle, assurément. Ultra-gay, évidemment. Réjouissant, immédiatement. Pour le côté surprenant, par contre, on repassera. Ce subtil mélange de naïveté et de surréalisme est déjà connu, mais au final on s’en fiche un peu. Attachez tranquillement vos ceintures et laissez-vous guider.

Marianne

Critique : Perfect Mothers, d’Anne Fontaine

Il y aurait une façon extrêmement simple de faire la critique de ce Perfect Mothers (Two Mothers) d’Anne Fontaine : accumuler les superlatifs. Admirable, sublime, parfait, exceptionnel…

Mais aucun de ces mots ne rendrait véritablement justice à ce film. Bien sûr, la photographie est admirable. La lumière, la mer, les visages, les corps sont sublimés et comme sculpturaux. Le scénario est impeccable, et le spectateur tremble sans cesse car comment cette parfaite histoire de transgression pourrait-elle finir heureusement ? Ces amours exceptionnelles que rien n’interdit véritablement sont si pleines de stupeur et de risque que seuls la mort et la médiocrité pourraient les anéantir. Pourtant,  le talent d’Anne Fontaine fait qu’elles ne risquent à aucun moment de sombrer dans la vulgarité, la perversité ou même la banalité de la vie ordinaire.

Aucune convention sociale ne convient à ces demi-dieux, égarés sur terre comme par erreur, et celle qui tente de les ramener aux clichés trop ordinaires pour eux est la seule pécheresse. Car ces quatre-là sont tombés de l’Olympe, égoïstes, cruels, innocents, incandescents, so terribly beautiful… L’histoire se déroule en Australie mais il y a quelque chose d’incroyablement grec dans ce quatuor. L’amour vrai autant que l’amitié sans concession les plongent dans un pur océan de désir sensuel et de tentation violente. Robin Wright (les Vies privées de Pipa Lee, Millenium) forme un couple incroyable avec Xavier Samuel (Twilight 3 : Hesitation ; Anonymous), affolant de vérité et de pureté tandis que Naomie Watts (Fair Games, Dream House) joue les innocentes en compagnie de James Frechville (Animal Kingdom).

Lorsque l’on sort de la séance, on tente désespérément de garder en soi les images de cet incroyable univers, de peur que cette indicible beauté ne se dissipe. On cherche en vain les qualificatifs qui conviendraient à ce film hors normes. Jusqu’à ce que l’on se souvienne de ce mot qui résume la beauté, l’étonnement et presque l’effroi. Sublime.

Laurence

Critique : Les Croods, de Chris Sanders et Kirk DeMicco

Bienvenue chez les hommes préhistoriques. La famille Croods, dernière représentante de son espèce, tente de survivre dans le monde hostile qui l’entoure. Vivant la majeure partie du temps enfermée dans une sombre caverne, la petite famille ne sort que pour se nourrir. Face à ce quotidien morose,  Eep  ( Emma Stone), la fille aînée s’ennuie ferme. Elle rêve de grands espaces, de soleil, d’aventures et même de danger ! L’arrivée de la fin du monde et d’un certain Guy vont changer la donne.

Famille je vous hais/Famille je vous aime. La chanson est connue. Créer une nouvelle mélodie est donc un art délicat. Heureusement, les magiciens du pays de l’animation de chez Dreamworks possède plus d’une note dans leur partition.

Après la relation mère-fille explorée par Pixar dans Rebelle, c’est ici la relation père-fille qui sert de colonne vertébrale à cette histoire. Et il y a définitivement un soupçon de Mérida chez Eep. Sauf que si elle décide de désobéir à l’autorité paternelle, ce n’est pas que pour s’affirmer. Les beaux yeux du nomade et futé Guy (Ryan Reynolds) y sont aussi pour quelque-chose. Le père (Nicolas Cage), figure tutélaire et protrectice se retrouve défié par un jeune loup qui mise plus sur l’intelligence que sur les muscles. De cette classique confrontation entre deux mâles alphas, naîtra fatalement un nouvel équilibre. Mais rassurez-vous émotions, rires et même quelques surprises sont au rendez-vous.

Pour donner vie à cet univers préhistorique parallèle, les créatifs s’en sont donné à coeur joie. On retrouve pêle-mêle un bestiaire chamarré surréaliste, une végétation luxuriante librement inspirée du Douanier Rousseau et des scènes d’actions spectaculaires dignes des meilleures montagnes russes.

Ces séquences un peu répétitives dans la première partie du film lui impulse un vrai rythme mais empêchent, à mon sens, de rentrer totalement dans l’histoire.  On regrettera aussi que les autres membres de la famille (à part Eep et son père) ne soient pas plus développés, servant uniquement de « running gag » (La grand-mère qui refuse de mourir, le fils peureux, le bébé chien fou et la mère un peu inexistante…). Des petits détails qui auraient permis de faire de ce Croods, un film un peu plus mâture. Ne boudez pas votre plaisir pour autant.

Marianne

Interview : Gary Constant nous dit tout sur le Festival Mauvais Genre

Déjà sept printemps pour le Festival Mauvais Genre de Tours (37). Cette manifestation 100 % originale ne cesse chaque année de s’affirmer comme un rendez-vous incontournable pour tous les amoureux d’un cinéma différent…mais pas que ! Son directeur et délégué artistique, Gary Constant, véritable trublion du 7ème art, fait le point sur cette nouvelle édition qui s’annonce haute en couleurs.

Comment est née l’aventure Mauvais Genre ?

Gary Constant : Au départ, c’est parti d’une frustration que j’avais en tant que simple spectateur. Chaque année, un nombre impressionnant de films de qualité n’avaient pas accès aux salles françaises et spécialement dans ce qu’on appelle le cinéma de genre (polar, fantastique, animation, science-fiction, horreur…). Pourtant cette production est souvent plus audacieuse, moins formatée que les longs métrages que l’on a l’habitude de voir. Durant les deux premières éditions, le festival était surtout orienté horreur, gore, fantastique. Mais plus les années passent et plus nous avons eu accès à une plus grande diversité de films. Pour cette septième édition, c’est moins le genre qui est mis en avant que l’aspect évènementiel et différent des longs métrages sélectionnés.

Quels seront les grands évènements de cette édition 2013 ?

Gary Constant : Comme chaque année, vous retrouverez les rendez-vous qui ont fait le succès du festival comme la Nuit interdite, le cinéma scolaire et les différentes rencontres prévues entre les professionnels et le public. C’est pour moi une composante essentielle de la manifestation : créer un lieu convivial et accessible où chacun peut discuter avec les professionnels présents. Du côté des nouveautés, la compétition court-métrages sera cette année divisée en deux catégories. Une pour la fiction et une pour l’animation. Cela correspond à une vraie demande du jury qui trouvait difficile, les années précédentes, de juger ces deux styles différents. Et c’est vrai que le monde de l’animation est suffisamment riche pour constituer une sélection à part entière.

Crackle concourt pour la Corée du Sud dans la catégorie court-métrage d’animation.

Pour cette septième édition, nous avons voulu ouvrir encore davantage le Festival sur d’autres univers parallèles au cinéma comme le jeu vidéo ou les séries télé. Plusieurs évènements serviront de passerelle entre ces différents domaines de création. Tout d’abord le réalisateur Juan Solanas, auteur du très beau Upside Down qui fera l’ouverture, donnera une conférence le vendredi 29 mars dans laquelle il évoquera son travail sur ce long-métrage de science- fiction et en particulier comment il s’est inspiré des jeux vidéo pour ses décors.

Le dimanche 31 mars, ce sera au tour de Viktor Antonov, directeur artistique du long-métrage d’animation The Prodigies, de se prêter à cet exercice des influences. Et nous diffuserons en exclusivité sur grand écran les quinze premières minutes du pilote de Defiance. Cette nouvelle série de science-fiction sera diffusée sur Syfy à partir du 16 avril en France. Un jeu vidéo en ligne sera lancé en même temps. Un des directeurs artistiques sera présent pour évoquer les interconnections prévues entre les deux médias, mais autour de l’arc narratif cette fois.

Upside Down de Javier Solanas fait l’ouverture avec Dark Skies du Festival Mauvais Genre.

Concernant la compétition, avez-vous décelé une thématique principale qui se dégage cette année ?

Gary Constant : Oui et je dirais même que l’on en trouve plusieurs. La première est certainement en rapport avec l’enfant. Qu’il soit sur le point de basculer à l’âge adulte ou pas, c’est une figure très présente dans la programmation 2013. Les non-dits et les regrets font également partie des thèmes récurrents. D’une manière générale, je trouve que les films présentés cette année sont beaucoup plus sérieux que ceux des années précédentes. Ils sont, sans aucun doute, le reflet de l’époque difficile que nous traversons actuellement, une sorte d’état des lieux. Certains ont opté pour la voix du militantisme, d’autres pour une vision plus pessimiste de la société.

Pour finir, si les spectateurs n’ont le temps de voir qu’un ou deux films, quel conseil vous leur donneriez ?

Gary Constant : C’est toujours difficile de faire un choix. Tous les films que j’ai sélectionnés ont forcément une place particulière dans mon cœur. Mais si je devais n’en garder que quelques-uns, je citerais The Battery de Jeremy Gardner, un film de zombies surprenant, contemplatif et poétique. Et Funeral Kings de Kevin et Matthew McManus, un teen moovie drôle et féroce qui suit deux adolescents adeptes des enterrements ou encore OK Good de Daniel Martinico qui raconte l’aliénation progressive d’un comédien passant casting sur casting. Dans tous les cas, quel que soit le film que vous découvrirez, une chose est certaine : vous ne serez pas déçu du voyage !

The Battery de Jeremy Garner révolutionne le genre Zombie.

Ne manquez pas la septième édition du Festival Mauvais Genre qui se tiendra dans plusieurs salles à Tours (37), du 27 mars au 1er avril 2013. Pour en savoir plus : www.festivalmauvaisgenre.com

Marianne

Critique : A la Merveille, de Terrence Malick

Difficile de résumer tout ce qui vous traverse l’esprit lorsqu’on visionne un film de Terrence Malick. Le cinéaste pose, depuis ses débuts, un regard particulier sur la terre et les êtres qui l’habitent. A une époque où tout va vite, prendre le temps d’observer les choses est un privilège rare.  Mais soyez prévenu, avec  A la Merveille (référence au nom de l’abbaye du Mont Saint-Michel), Terrence Malick pousse le processus de contemplation à son extrême.

De cette histoire d’amour entêtante, nous n’aurons que des impressions, des images quasiment subliminales. Les dialogues disparaissent au profit d’une voix off philosophique et obsédante. A l’écran, on assiste à une multitude de moments suspendus mêlant l’allégresse aux angoisses de l’existence. Sauf que chez Terrence Malick, chaque cheveu qui s’envole, chaque rayon de lumière qui traverse un volet, chaque épi de blé qui se ploie prend une dimension particulière.

Ben Affleck a du mal à exister dans cet exercice délicat. Son personnage, filmé souvent hors cadre et dont on n’entend pratiquement jamais les pensées, restera un mystère insaisissable. Sans doute Malick veut-il nous mettre dans la même situation que Marina (Olga Kurylenko, sensible) face à celui dont elle tente, en vain, de se faire aimer. Mais au final, il apparaît comme une figure désincarnée, semblant errer sans fin dans un univers qui le dépasse.

Face à ce mouvement incessant de sentiments et de personnages, on a parfois plus l’impression d’assister à un ballet qu’à un film. Mais pour peu que l’on soit prêt à se laisser emporter par ce lyrisme des images, le voyage, bien que chaotique, ne laisse pas indifférent.

Marianne

Critique : Au bout du conte, d’Agnès Jaoui

Ce qui intéresse le plus la réalisatrice Agnès Jaoui ? Sans aucun doute, les gens. Ou plus exactement, leurs petits travers et autres arrangements avec la réalité. Dans Au bout du conte, elle s’interroge sur la croyance, sous toutes ses formes. Croire en Dieu. Croire en l’amour. Croire en soi. Croire en demain. Et même ne croire en rien !

Pour illustrer cette thématique, Agnès Jaoui utilise l’imaginaire du conte de fées. Les transitions entre chaque scène, travaillées comme des tableaux impressionnistes, plantent le décor.  Dans le cadre, elle glisse quelques objets hétéroclites liés à cet univers  : l’horloge du lapin d’Alice au Pays des Merveilles, un poisson ballon qui ressemble étrangement à Némo, une chaussure oubliée sur un escalier… Certains de ses personnages incarnent aussi les grandes figures archétypales du genre (le grand méchant loup, la méchante reine, le petit chaperon rouge…).

Evidemment, la cinéaste s’amuse à prendre le contre-pied de ces fables, pour mieux souligner les maux du XXIe siècle. Au-delà de ces moqueries féeriques, Agnès Jaoui réussit une fois de plus ses dialogues. Drôles, crédibles et touchants, elle fait mouche dans chaque scène.

Au final, l’ensemble de ces petites saynètes composent un long métrage sympathique. Même si l’on aurait aimé qu’il ait un peu plus d’ambition que celle de nous faire rire.

Marianne