Tag Archives: Colin Farrell

Cannes 2015 : découvrez ce que vous réserve la compétition

La grande messe cannoise est sur le point de commencer. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette 68e édition est placée sous le signe de la nouveauté. L’arrivée de Pierre Lescure à la tête de la plus grande manifestation cinématographique du monde est un événement majeur qui ne manquera pas d’être commentée dans la presse. L’ombre bienveillante de Gilles Jacob ne trônera plus en haut des marches et Lescure compte bien respecter l’héritage du bonhomme tout en donnant un coup de jeune au Festival. 

Du neuf au casting de True Detective Saison 2

Après des semaines de spéculations, le casting de la très attendue saison 2 de True Detective s’étoffe enfin. Quatre nouveaux acteurs vont rejoindre le show dans des rôles secondaires.

Les infos de la semaine : True Detective saison 2, un film noir et blanc pour Guillermo Del Toro et le nouveau film d’Angelina Jolie

Vous avez eu une semaine chargée ? Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actualité du cinéma et des séries ? Pas de problème, Lost in Universes vous fait un petit résumé des informations essentielles de la semaine.

Critique : Un amour d’hiver, d’Akiva Goldsman

Délicates amours tragiques et intrigue fantastique émouvante : Un amour d’hiver réunit ces deux éléments en un ballet ponctué de cruauté. Les esprits chagrins trouveront sans aucun doute que le film manque de puissance et le jugeront probablement simpliste. Mais c’est justement la limpidité naïve du long métrage qui en fait un conte aussi touchant que délicieux. Cyniques s’abstenir !

Critique : Dans l’ombre de Mary Poppins : la promesse de Walt Disney, de John Lee Hancock

Saviez-vous que le chef-d’oeuvre de toute une génération, Mary Poppins, avait mis plus de vingt ans à voir le jour ? En cause, les réticences de son auteure, P.L. Travers, a céder les droits d’adaptation à l’oncle Walt. En coulisses, les deux se sont même livrés à une guerre des nerfs acharnée. Avec cette histoire méconnue, John Lee Hancock (The Blind Side) nous offre un voyage fascinant dans les coulisses de la création. Croquis, partitions, chorégraphies… l’imaginaire du film prend forme sous nos yeux émerveillés.

Zaz, un univers musical au coeur du polar Dead Man Down

Le polar Dead Man Down, de Niels Arden Oplev, dans lequel Victor (Colin Farrell) et Béatrice (Noomie Rapace) se rencontrent pour assouvir leurs vengeances respectives et tombent amoureux, est éclairé sur la fin par une chanson de la Française Zaz. Son étonnante voix rauque et un peu trash s’accorde parfaitement à l’ambiance du  film. Béatrice venant de l’Hexagone, Eblouie par la nuit souligne dangereusement cette histoire d’amour sombre  et violente.

Eblouie par la nuit est le quatrième single du premier album de la chanteuse tourangelle et a été écrite par le compositeur et interprète Raphaël.

Martin Scorsese avait également été séduit par Zaz puisque c’est elle qu’il avait choisie pour interpréter Coeur volant dans Hugo Cabret.

Éblouie par la nuit à coup de lumière mortelle
à frôler les bagnoles
les yeux comme des têtes d’épingle
j’t’ai attendu 100 ans
dans les rues en noir et blanc
tu es venu en sifflant
Éblouie par la nuit à coup de lumière mortelle
à shooter les canettes,
aussi paumée qu’un navire
si j’en ai perdu la tête,
j’t’ai aimé et même pire
tu es venu en sifflant
Éblouie par la nuit à coup de lumière mortelle
faut-il aimer la vie ou la r’garder juste passer
De nos nuits de fumette,
il ne reste presque rien
que des cendres au matin
Dans ce métro rempli des vertiges de la vie
à la prochaine station petit Européen
Mets ta main descends-la au-dessous de mon coeur
Éblouie par la nuit à coup de lumière mortelle
un dernier tour de piste avec la mort au bout
j’t’ai attendu 100 ans dans les rues en noir et blanc
tu es venu en sifflant

(Auteurs/interprètes : Zaz/Raphaël, tous droits réservés)

La vidéo officielle, narrativement très simple, est comme un micro-univers qui s’insère dans le long métrage et qui renvoie comme une litanie à l’atmosphère du film, qui du coup ne se laisse pas facilement oublier.

 

 

Laurence

Critique : Dead Man Down, de Niels Arden Oplev

Envie d’un polar à l’ancienne ? Avec femme fatale à sauver, bad boy à aimer et malfrat à liquider ? Dead Man Down est le film qu’il vous faut. Cette histoire de vengeance située dans la pègre new-yorkaise emprunte néanmoins des thématiques contemporaines. Les criminels font main basse sur des biens immobiliers, les immigrés meurent dans l’indifférence et les conducteurs alcoolisés  provoquent de graves accidents… Dans ce monde chaotique, Béatrice et Victor vont se rencontrer.

Ces deux-êtres à la dérive, rongés par leurs propres démons, incarnent l’âme de ce long métrage. Piégés dans leur soif respective de vengeance, ils semblent avoir oublié tout sens de la réalité. Les scènes entre les deux personnages résonnent comme des moments suspendus où les regards en disent plus que de longs discours. Noomie Rapace, sensible, (Passion) et Colin Farrell, intense, (7 Psychopathes) composent ce couple bancal avec finesse.

En dehors de cette parenthèse enchantée, le monde extérieur n’est que ténèbres ou presque. Niels Arden Oplev filme un New York volontairement sombre, comme si la lumière n’avait plus droit de cité. Sur la trilogie Millenium, le cinéaste était apparu comme scolaire et un peu trop discipliné. Avec Dead Man Down, il n’hésite pas à sortir du cadre protocolaire. Les scènes d’action flirtent par moments avec du Hitchcock ou de de Palma. Jeu de miroirs, regards croisés, personnages épiés, il place les apparences au centre de son récit et de sa mise en scène.

Un puzzle cinématographique que les plus cyniques d’entre vous auront peut-être du mal à trouver crédible. Mais si comme moi, vous croyez dans le pouvoir de la rédemption, ce film de genre sans prétention réussit l’exploit de vous entraîner dans son sillage, avec un certain talent.

Marianne

Décidément, Colin Farrell n’est jamais aussi bon que dans des « petits » rôles. Après un décevant Total Recall, il retrouve toute la mesure de son talent dans 7 Psychopathes et dans ce Dead Man Down. Si l’on y regarde de près, ce polar est surtout et d’abord une histoire d’amour et de rédemption, interprétations dans lesquels l’Irlandais excelle. Il suffit de se souvenir d’Ondine ou de London Boulevard. Noomi Rapace se révèle une partenaire à la hauteur de sa fragilité vengeresse. Même Isabelle Huppert trouve sa juste place dans cet immeuble glaçant.

Le récit de ces vies explosées par l’égoïsme et la violence est servi par un scénario qui ne tombe jamais dans le sordide ou le larmoyant. Une photographie souvent en clair-obscur accompagne et souligne leurs visages et leurs corps abîmés par la douleur de la perte.

Seul vrai reproche : un certain manque de suspens, même si l’on ne voit pas bien comment les deux amoureux pourraient ne pas être broyés par une adversité trop forte ou comment l’histoire pourrait finir heureusement. L’intrigue est trop prévisible, la tension s’en ressent, et le spectateur ne tremble pas vraiment. Un certain cynisme humoristique bienvenu parvient la plupart du temps à faire oublier ce défaut.

Laurence

Critique : 7 Psychopathes, de Martin McDonagh

Avec Seven Psychopaths, il ne peut pas y avoir de juste milieu : ça passe ou ça casse. On adore ou on déteste. On plonge dans cet univers mélancolique et hilarant ou on quitte la salle. C’était déjà le cas avec le déjanté Bons Baisers de Bruges (In Bruges).

Le pitch ? Marty, un scénariste irlandais, alcoolique et en manque d’inspiration se trouve mêlé à un trafic de kidnappings de chiens. Le titre de son scénario ? 7 Psychopathes. Son pitch ? Sept psychopathes se désintéressent de la violence et se réunissent dans le désert pour parler… On se doute que ces tueurs bouddhistes et autres quakers ne vont pas aller très loin. Heureusement, dans la vraie vie, ça ne passe pas du tout comme ça. Mais alors pas du tout.

Colin Farrell (Dead Man Down, Total Racall) joue avec naturel cet auteur qui broie trop de noir. Sam Rockwell est d’enfer en copain allumé et plein de bonne volonté. Christopher Walker déploie un charme qui, pour fané qu’il soit, opère toujours. Tom Waits est tout en dinguerie retenue. Seul Woody Harrelson déçoit un peu, car Dieu sait qu’il peut exceller dans le délire (Bienvenue à Zombie Land, 2012).

7 Psychopathes se tient sur la corde raide. Ce dernier opus est un peu moins réussi que Bons Baisers de Bruges. Le film aurait sans doute gagné en suspense avec un montage différent. L’essentiel, c’est pourtant que Martin McDonagh prenne des risques. Même si son humour parfois se casse la gueule.

Enfin non. L’essentiel essentiel, c’est que le lapin blanc sorte vivant du génial duel final. Car « dans ce film on ne tue pas les animaux. Juste les femmes. » Et les hommes aussi car, pour être tout à fait honnête, ils tombent comme des mouches. Ames sensibles et imperméables au second degré s’abstenir !

Laurence