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Critique : Cake, de Daniel Barnz

En un plan tout est dit. Quand la caméra se pose sur le visage de Jennifer Aniston lors de la scène d’ouverture de Cake, le spectateur est prévenu. La Rachel de Friends n’est plus. A la place, on découvre une femme sans maquillage, affichant de nombreuses cicatrices et dont les réparties amères laissent entrevoir un malaise profond.

Critique : Don Jon, de Joseph Gordon-Lewitt

Cette comédie dramatique est arrivée en forme de cadeau surprise de fin d’année. Un peu comme Happiness Therapy avait enchanté le début de 2013, Don Jon sait habilement retenir son public. Qui au tout début du film se demande un peu dans quel genre d’univers foutraque il est tombé, et à mille lieues de l’image plutôt classieuse et raffinée qu’offre habituellement Joseph Gordon-Lewitt (Inception, Looper, Lincoln).

Critique : Happiness Therapy, de David O. Russel

Difficile de trouver une thématique commune à la filmographie de David O. Russel. Entre les péripéties illuminées de soldats américains en Irak (Les Rois du désert), le pensum fantaisiste et surréaliste (J’adore Huckabee) et la chronique « self made man » âpre et intense (Fighter), le réalisateur prend un malin plaisir à brouiller les pistes sur ses obsessions personnelles.

Pourtant avec Hapiness Therapy, une constante se confirme. Au-delà de  l’enchevêtrement de genres qui constitue son œuvre, David O. Russel semble avoir une affection particulière pour les marginaux et les personnages décalés. En témoignent les deux héros de son nouveau long métrage : un homme bipolaire qui sort d’un séjour en hôpital psychiatrique et une jeune femme en pleine dépression tendance « nymphomane » après la mort de son mari. Ces deux-là sont comme des enfants perdus, tentant désespérément de retrouver le fil d’une existence dont ils ont égaré les codes. Leur rencontre va faire des étincelles et constitue la trame narrative principale de cette comédie aux accents dramatiques.

Pour donner chair à ces deux êtres en équilibre précaire, David O. Russel a opté pour deux stars en vogue du moment : Bradley Cooper et Jennifer Lawrence. Jusqu’à présent cantonné dans des rôles de séducteur Cooper montre ici une nouvelle facette de son jeu. Torturé, lunatique et habité, il ne commet aucune fausse note. Jennifer Lawrence, lumineuse, est son parfait alter ego féminin. Elle prouve une fois de plus qu’elle est aussi à l’aise dans les grosses machines hollywoodiennes (Hunger Games, X-Men) que dans des projets plus confidentiels (Winter Bones). A noter également, la jolie prestation de Robert de Niro dans le rôle d’un père rempli de Toc, qui préfère à nouveau la nuance au cabotinage.

Filmer les névroses comme les scènes d’hystérie peut s’avérer un exercice assez compliqué. Mais David O. Russel sait toujours prendre la distance suffisante pour ne pas perdre le spectateur sans trahir ses personnages. Il cale d’ailleurs sa mise en scène sur l’évolution de son personnage principal. Au début hésitante, nerveuse, toujours en mouvement… la caméra se stabilise, prend plus de recul à l’image de son héros qui se métamorphose.

La musique est certainement une autre pierre angulaire de l’œuvre de David O. Russel. Dans son dernier opus, elle  a un rôle pivot. Au départ sorte de déclencheur psychique des crises du héros, elle va au final, au travers de la danse, lui permettre de dépasser ses conflits intérieurs. L’ensemble des nœuds narratifs est d’ailleurs résolu dans une scène de danse assez jouissive. Un happy end, peut-être un peu facile (avec l’amour comme moteur de rédemption), n’empêche pas le film de s’inscrire comme l’une des meilleures « dramédies » romantiques de ces dernières années.

Marianne